Avenir du déneigement – La réflexion est lancée

Les entrepreneurs actifs dans le déneigement ont enfin réussi à convaincre le ministre des Transports qu’il est temps de trouver des solutions aux problèmes qui s’accumulent. Au récent congrès de l’Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec (APMLQ), nous avions appris que les entrepreneurs réclamaient la création d’un groupe de travail sur l’avenir de l’industrie du déneigement et du déglaçage des routes du Québec. Le conseil d’administration de l’APMLQ a pu présenter cette demande en rencontrant le ministre Laurent Lessard, le 21 juin à Québec, après deux essais infructueux

Le directeur général de l’APMLQ, Yvan Grenier, se montre optimiste quant aux suites qui seront données à cette rencontre d’une heure. Les trois quarts de la rencontre ont porté spécifiquement sur le déneigement, indique-t-il. Il a aussi été question des problèmes découlant du règlement sur le permis spécial de circulation, sur lequel nous reviendrons prochainement.

Yvan Grenier souligne que l’APMLQ écrit depuis plus de 15 ans à Transports Québec pour lancer la discussion sur les problèmes dans le déneigement. « Ça prend une volonté politique. Sans cela, il n’y a pas d’intérêt au Ministère pour se lancer là-dedans », dit-il.

Sans pouvoir confirmer le suivi qui sera accordé à la rencontre du 21 juin avec le ministre, Yvan Grenier estime que le comité tripartite en viabilité hivernale pourrait obtenir le mandat d’analyser la situation, de cibler les problèmes et de proposer des solutions. Outre l’APMLQ, ce comité tripartite compte aussi des représentants du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’électrification des transports (MTMDET) et de l’Association des constructeurs de routes et de grands travaux (ACRGTQ).

Des problèmes

S’il se concrétise, le mandat accordé au comité tripartite ne résoudra pas les problèmes avant la prochaine saison de déneigement. Le directeur général de l’APMLQ estime néanmoins que plusieurs gestes peuvent être posés à l’intérieur du cadre législatif et règlementaire actuel.

La liste des récriminations des membres de son association est très longue. Yvan Grenier en cite deux en particulier. Le premier est le manque de communication entre le Ministère et les entrepreneurs en déneigement. Selon l’APMLQ, il est devenu impératif de rétablir le dialogue entre le donneur d’ouvrage et les sous-traitants.

Autrefois, la collaboration était meilleure entre les intervenants du secteur. Désormais, les communications ne se font que par écrit, et plusieurs jours après le constat du problème qui justifie la pénalité.

« Avant de recevoir une lettre disant qu’on a une pénalité ou une amende, un appel suffirait parfois pour informer l’entrepreneur d’un problème et améliorer la sécurité du réseau routier », note Yvan Grenier.

Deuxièmement, les entrepreneurs déplorent le manque d’uniformité, à l’échelle provinciale, dans l’application des devis de déneigement. D’une région à l’autre, et parfois même dans la même région, les entrepreneurs ne sont pas surveillés avec le même degré de rigueur, estime-t-on. Les membres de l’APMLQ demandent la création d’un mécanisme d’arbitrage paritaire qui s’occuperait de régler les litiges autrement que devant les tribunaux, comme sont forcés de le faire les sous-traitants qui contestent les amendes qui leur sont imposées.

Relations tendues

Depuis les travaux de la commission Charbonneau, le climat de collaboration entre les entrepreneurs et le Ministère n’existe plus.

« Il y a déjà eu des entrepreneurs qui ont fait beaucoup d’argent dans le déneigement. Mais ce n’est plus le cas. Ces dernières années, les exigences du MTMDET ont augmenté, mais les moyens n’ont pas toujours suivi », fait observer Yvan Grenier.

Et les entrepreneurs qui délaissent le secteur sont de plus en plus nombreux.

« Après avoir arrêté ses contrats et vendu ses équipements de déneigement, je ne connais aucun entrepreneur qui dit regretter sa décision », ajoute-t-il.

Souvent actifs dans la construction, ces entrepreneurs utilisaient autrefois le déneigement pour prolonger leurs activités et amortir leurs frais fixes. Maintenant, la saison des travaux routiers est plus longue qu’avant. Il devient difficile de convaincre les gens ayant un métier d’aller conduire un véhicule de déneigement.

Par Alain Castonguay

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