Le camionnage, une industrie sexy

Dans cette édition de Transport Magazine, l’équipe vous propose toute une série d’articles et de chroniques sur le thème de la formation, sous tous ses angles. Que ce soit du côté des chauffeurs, des techniciens, des techniques offertes au collégial ou au niveau universitaire en gestion du transport, la formation dans les différents domaines liés à l’industrie du camionnage est plus présente et plus variée que jamais.

Et il était temps. Alors qu’on parle depuis plusieurs années de pénurie présente et à venir dans l’industrie, et que bien d’autres industries, notamment du côté manufacturier, cherchent elles aussi à attirer de nouveaux travailleurs, l’industrie du camionnage doit redoubler d’efforts pour recruter et retenir sa main-d’œuvre.

Nous parlons de l’importance de la formation notamment avec Bernard Boulé, récemment nommé au poste de directeur-général de Camo-route. Celui-ci souligne l’importance de la formation continue, et de l’ensemble des mesures d’accueil et d’intégration des employés pour s’assurer non seulement de recruter des candidats, mais surtout de les garder au sein de l’entreprise, et de l’industrie.

On entend souvent parler de la pénurie de main-d’œuvre comme une problématique, un mot à forte connotation négative. J’aime bien utiliser, pour ma part, le mot défi, beaucoup plus positif. Et à voir la horde d’étudiants qui ont franchi la guérite d’ExpoCam cette année, et le nombre impressionnant d’employeurs potentiels qui y tenaient un kiosque, je crois qu’on peut véritablement parler d’un défi relevable, et non insurmontable.

Attirer la main-d’œuvre, ça commence d’abord et avant tout par une question d’attitude. Comment parlons-nous de notre industrie dans notre entourage? Avons-nous le réflexe de suggérer à des amis, des parents, des enfants, d’envisager une carrière au sein de l’industrie du camionnage? Ou avons-nous encore cette espèce de gêne lorsqu’on parle du domaine dans lequel on évolue?

Le camionnage n’a pas, aux yeux du grand public, une image très reluisante. Des gros camions polluants, dangereux pour les autres usagers de la route, responsables de la congestion routière aux heures de pointe, bref, l’image négative et passablement fausse est souvent répétée dans notre entourage, sur les réseaux sociaux ou dans les médias de masse. Et c’est à nous qu’il revient de changer cette image. Combien de fois j’ai dû expliquer à des gens qui ne connaissent pas l’industrie toutes les avancées technologiques qui font des camions d’aujourd’hui des véhicules bien moins polluant? Ou encore tenté de faire comprendre qu’un camion a bien plus sa place sur la route, avec ses tonnes de marchandises destinées à nourrir le Québec ou à livrer meubles, matériaux, etc, qu’une voiture avec un seul passager à bord?

L’industrie du camionnage offre aux futurs travailleurs un milieu stimulant à tous les points de vue. Plus technologiquement avancée que jamais, avec de grands défis de logistique et de gestion, le camionnage est aujourd’hui bien différent de ce qu’il était il y a 20 ans à peine. Et l’évolution continue à grande vitesse, qu’on pense aux éventuels camions autonomes, aux camions électriques, ou même, déjà bien en place, à la panoplie de technologies télématiques et de communication.

Oui, l’industrie doit se poser des questions, améliorer son attrait pour la main-d’œuvre, parfaire ses moyens d’intégration et de rétention. Elle doit aussi, et au plus vite, trouver des façons de mieux répondre aux nouvelles exigences des jeunes travailleurs, qui n’acceptent plus de quitter la maison pour plusieurs jours ou de travailler sur des horaires atypiques. Mais ne me dites pas, toutefois, que l’industrie du camionnage n’est pas sexy. Elle a tout pour plaire. Il s’agit de savoir bien la présenter!

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