Chronique logistique – La logistique intermédiaire dans un environnement où la demande excède l’offre

Toute personne qui œuvre dans l’industrie du transport des marchandises – ou encore qui embauche des services de transport – a vu son quotidien se transformer depuis le début de l’année 2018. L’acronyme ELD (Electronic Logging Device = Dispositif de consignation électronique) fait surface dans plusieurs de nos discussions depuis son entrée en vigueur chez nos voisins du sud le 18 décembre dernier. L’enregistrement électronique des carnets de bord a participé à réduire une capacité du marché qui était déjà critiquement questionnable.

Une économie en expansion, des ventes au détail atteignant des chiffres records pour la période des fêtes à la fin de l’année 2017, une pénurie générale de camionneurs en Amérique du Nord et maintenant un nouveau système obligatoire pour mieux contrôler les heures de services – un parfait cocktail pour que la courbe de la demande s’écarte davantage de celle de l’offre sur le marché ! La sécurité du grand public et de tous les acteurs dans notre industrie devrait toujours être la priorité numéro 1, nous accueillons donc favorablement l’enregistrement électronique des carnets de bord. Comme toute nouvelle règlementation, cependant, ce changement entraine une transformation dans la manière dont nous dirigeons les affaires au quotidien.

En tant qu’intermédiaire en transport, nous avons le mandat d’éduquer notre clientèle afin qu’elle puisse être mieux préparée à poursuivre ses affaires dans cette nouvelle réalité. Ceci ne se traduit pas par une simple augmentation des coûts de transport. Après seulement quelques mois de ce que certains catégorisent comme une crise, nous voyons déjà beaucoup de positif pour notre industrie. On constate l’effort de plusieurs clients qui désirent rendre leurs chargements plus attirants pour les transporteurs en réduisant les temps de chargement/déchargement et en réservant l’équipement à l’avance pour permettre aux camionneurs de mieux céduler leur horaire.

Nous profitons également de l’état actuel du marché pour encourager le transport intermodal autant que possible et remettre du volume aux chemins de fer et réduire l’empreinte de carbone de nos clients. Nous sommes également heureux de constater que nos transporteurs peuvent – dans cette économie – se focaliser sur leurs compétences et mieux nous exprimer ce qu’ils désirent comme chargements. Ceci nous permet de mieux saisir les besoins de nos partenaires et mieux diriger les marchandises de nos clients.

Finalement, ce ravin qui s’est formé entre l’offre et la demande sur le marché du camionnage nous conscientise à l’importance du métier de camionneur en Amérique du nord. Ces professionnels au volant de notre économie sont de moins en moins nombreux pour divers facteurs. Heureusement, le transport des marchandises se modernise à vue d’œil et attirera sans doute une nouvelle génération d’opérateurs. Il est à nous tous de s’assurer que cette nouvelle génération de professionnels aura le crédit si bien mérité d’être un maillon critique de toute chaîne d’approvisionnement en Amérique du Nord.

Par Valérie McSween

Lisez l’article

Voir toutes les nouvelles du transport

Publicité