Chronique Université Laval – Trouver la « valeur » dans le transport

Le transport représente – sans exagérer – la colonne vertébrale de l’économie. Sans transport, nos biens et services préférés seraient difficiles voire impossibles à trouver. Pourtant, beaucoup d’acteurs dans l’industrie s’avouent sous pression.

Un exercice difficile

Pourquoi est-il si difficile de jouer sur les prix?  Une industrie fournissant un service aussi important ne pourrait-elle pas facilement bénéficier de la valeur qu’elle fournit au reste de l’économie?  Il existe plusieurs explications possibles.

D’abord, du côté du client final, une explication réside dans le fait que ce dernier croit souvent que le transport est réalisé à coût nul ou très faible.  À ce chapitre, les détaillants en ligne sont passés maîtres dans l’art de montrer que la livraison est « gratuite » en abaissant le seuil de valeur des commandes pour lesquelles les frais de transport n’apparaissent pas sur la facture.  Ceci donne la fausse impression que le transport n’est pas un enjeu significatif ou encore qu’il n’ajoute au final que peu de valeur dans le processus d’achat et ce, en dépit que fait que nous sommes confrontés à des chaînes d’approvisionnement résolument mondiales, malgré les soubresauts protectionnistes de certains pays.

Ensuite, du côté de l’industrie, une autre explication possible est que le niveau de concurrence est devenu très important dans certaines niches.  L’effet net est par conséquent une forte pression à la baisse sur les prix qui est induite par la concurrence féroce que se livrent plusieurs entreprises.  Dans ce cas précis, certains joueurs ont les reins suffisamment solides et une échelle leur permettant d’accepter de plus petites marges en se rattrapant alors sur les gains de parts de marchés qu’ils espèrent réaliser en étant plus agressifs.  Ainsi, lorsque leurs concurrents ne seront plus en mesure de supporter ces contraintes et sortiront de leur niche ou du marché, ils se retrouveront alors dans une situation concurrentielle moins exigeante ce qui fait qu’ils pourront tranquillement freiner l’érosion de leurs marges, voire graduellement les augmenter.

Des remèdes temporaires?

Dans un tel environnement de concurrence extrême, plusieurs souhaitent se différencier de diverses manières.  La plus commune est l’ajout de produits ou de services à l’offre du transporteur.  Par exemple, d’aucuns essaient d’ajouter des produits d’assurances à l’offre de transport, notamment pour limiter le risque financier du client lié à ce que sa cargaison soit éventuellement en tout ou en partie endommagée.  Ceci est intéressant pour la différenciation que cela permet et pour les marges souvent appréciables qui sont générées par le biais de ces ajouts.  Bien que cela soit aisément copié par d’éventuels concurrents, il est au moins possible de moduler l’offre en fonction des besoins réels du client et donc de lui offrir des avantages sur mesure en la matière.

Par Yan Cimon et Leandro Coelho

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