Chronique véhicules légers – L’électricité gagne la ferveur populaire

Montréal – Par rapport aux éditions précédentes du Salon de l’auto de Montréal une différence de taille était palpable parmi la foule présente : les gens s’attroupaient autour des véhicules à motorisation entièrement électrique ou hybride à brancher. Et ils n’étaient pas difficiles à repérer puisque c’étaient les véhicules placés le plus à l’avant dans tous les kiosques des constructeurs. Mais tout cela était bien pratique pour photographier les camionnettes, un peu délaissées, et de s’intéresser à certains problèmes de diesels.

Sur la couverture du magazine officiel de l’événement trône l’Outlander PHEV 2018. Cet utilitaire compact de Mitsubishi possède une motorisation hybride que l’on peut brancher. Le jour de ma visite en milieu de semaine il volait littéralement la vedette, complètement entouré de curieux qui posaient de nombreuses questions à des représentants franchement débordés mais enthousiastes. La chose n’est pas surprenante puisque ce véhicule hybride à recharger est le plus vendu de sa catégorie en Europe depuis quatre ans. Celui-ci offre une autonomie entièrement électrique de 52 kilomètres selon la norme européenne, avant que son moteur 4-cylindres à essence ne prenne la relève. Avec sa traction à quatre roues motrices, son allure sympathique, sa bonne autonomie essence-électricité et son pratique espace de chargement, pas étonnant que bien des Québécois le voient dans leur soupe!

La Leaf s’améliore

Le deuxième véhicule pour lequel il m’a été difficile de faire des photos, seulement après avoir poliment demandé à six personnes de se déplacer, est la Nissan Leaf. Le véhicule entièrement électrique le plus vendu au monde bénéficie avec sa seconde génération d’une autonomie améliorée, tout en conservant un prix plus accessible que ses concurrents. Selon les normes gouvernementales il est possible de parcourir 242 kilomètres avec une batterie « pleine ». Grâce à son port de recharge rapide offert de série 30 minutes suffisent pour parcourir 141 kilomètres si l’on a accès à une borne de 480 volts, mais la plupart des gens se contenteront des prises de 120 et de 240 volts. Lors de ma visite c’était la fonction ProPilot d’assistance à la conduite qui suscitait le plus de questions : on mesure tout le chemin parcouru depuis 20 ans, alors qu’il fallait dix minutes simplement pour expliquer comment fonctionnent des freins ABS!

La Nissan Leaf, arrivée à sa seconde génération, offre 242 kilomètres d’autonomie entièrement électrique tout en conservant un prix raisonnable.

Honda réplique avec la Clarity

On a tendance à oublier que la première voiture à motorisation hybride électrique offerte au Canada a été l’Insight de Honda, en 2009. En attendant le retour de ce modèle pour 2019, c’est la Clarity qui devrait attirer votre attention. Cette berline hybride branchable de belle apparence bénéficie d’une subvention québécoise de 8000 dollars grâce à sa batterie lithium-ion de 17 kilowatts à recharger. Avec son moteur à essence de 1,5 litre à cycle Atkinson on obtient une confortable puissance combinée de 212 chevaux, tout en conservant une cote de consommation de 2,1 litres aux 100 kilomètres. L’autonomie uniquement électrique atteint 76 kilomètres, et 547 km avec son réservoir d’essence.

Volvo électrifie sa gamme

En 2017 Volvo annonçait qu’à partir de 2019 sa gamme entière de nouveaux véhicules comportera une motorisation électrique en tout ou en partie. À un an de l’échéance les motorisations hybrides branchables font lentement leur apparition sous les capots sous l’appellation T8, réunissant un 4-cylindres très turbocompressé à un moteur électrique. Par exemple le nouveau XC60, nommé l’utilitaire de l’année au récent Salon de l’auto de Détroit, procure pas moins de 400 chevaux de puissance et 472 livres-pieds de couple dans sa version hybride branchable! Mais il faudra attendre encore un peu pour que le nouveau petit XC40, qui attirait bien des regards au Salon montréalais, obtienne également cette motorisation à brancher.

L’utilitaire compact Volvo XC40, dont l’arrivée tarde depuis des années, recevra vraisemblablement une motorisation hybride branchable l’an prochain, comme c’est déjà le cas sous le capot de ses grands frères.

Toyota branche sa Prius Prime

Le grand constructeur japonais, renommé pour ses véhicules hybrides conventionnels, branche sa petite Prius et l’appelle la Prime. Celle-ci offre d’abord 40 kilomètres de fonctionnement électrique avant que son moteur thermique ne démarre. Cette autonomie électrique plutôt modeste permet à la marque d’offrir un véhicule plus abordable que ses concurrents, puisque d’imposantes batteries lithium-ion coûtent évidemment cher. Par contre, la subvention gouvernementale n’atteint que 4000 dollars au Québec, contrairement aux 8000 consentis à d’autres, ce que regrettait d’ailleurs un conseiller en répondant à l’un des visiteurs présents.

Rendons à GM ce qui…

Mais vraiment le constructeur qui a imaginé ce concept du véhicule à motorisation hybride essence-électricité qui puisse être branché pour d’abord fonctionner grâce à une batterie est General Motors. En 2009 au Centre des sciences de Montréal peu de collègues parmi la poignée de journalistes que nous étions auraient pu s’imaginer que la fausse carrosserie de plastique que nous examinions de la future Volt allait réussir cet audacieux pari. Maintenant dans sa seconde génération, la Volt réunit un moteur à essence de 1,5 litre à un électrique alimenté par une batterie de 18,4 kilowatts-heure. L’autonomie uniquement électrique publiée atteint 85 kilomètres, mais il est relativement facile d’en parcourir une bonne centaine en se servant judicieusement de la palette de freinage regénératif situé à côté du volant.

Par Frédéric Laporte

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