Citernes et sécurité – Peu de nouveautés, mais des contrôles plus serrés

À pareille date l’an dernier, Transport Magazine vous faisait part de certaines nouveautés concernant la sécurité des remorques-citernes. Suite au tragique accident survenu en août 2016 à Montréal sur l’autoroute métropolitaine, impliquant un camion-citerne de Bombardier, et après la publication le 21 juin dernier du rapport de la CNESST entourant cet accident mortel, voyons si des améliorations sensibles ont été apportées aux équipements.

Notons tout d’abord que le rapport de la CNESST fait état de quatre causes probables : la proximité de roulement, les problèmes mécaniques récurrents sur le camion, l’incendie et le manque de suivi de Bombardier sur l’équipement. Vous pouvez d’ailleurs consulter un compte-rendu du rapport sur nos archives, en date du 22 juin.

Nous avons d’ailleurs rencontré Frédérick Hervieux, directeur des opérations chez Citernes Girard et Coulombe, entreprise impliquée dans l’enquête.

« Les enquêteurs sont remontés jusqu’à nous, car nous avions effectué une inspection sur le véhicule vers 2003, si je me souviens bien. Mais nous n’avons pas vu le véhicule depuis ce temps, Bombardier préférant en confier l’inspection à une autre entreprise dûment mandatée. »

Néanmoins, Frédérick Hervieux, comme la plupart des camionneurs qui sillonnent les routes du Québec, note un resserrement des contrôles routiers, notamment en ce qui a trait aux remorques-citernes.

« On constate une surveillance plus étroite qu’auparavant en ce qui a trait à la norme B620. Chaque citerne doit être inspectée sur une base régulière et doit afficher un autocollant démontrant la date de la dernière inspection. Dans ce contexte, les réservoirs sont remplacés plus régulièrement et l’on voit moins de vieux équipements sur nos routes. Les contrôles routiers portent une attention particulière à ces autocollants. »

Norme B620

La norme CSA-B620 établit les exigences relatives à la conception, à la construction, à la certification, à l’assemblage, à la modification, à la réparation, à la mise à l’épreuve, à la vérification, à la requalification périodique, à l’entretien et au marquage des citernes routières et des citernes amovibles TC pour le transport des marchandises dangereuses. Elle précise également les exigences relatives à l’inscription auprès de Transports Canada des installations, des organismes d’examen de la conception et des ingénieurs de conception en ce qui a trait à la conduite des activités s’inscrivant dans le cadre de la portée de cette norme.

Pour les citernes dédiées au transport des produits pétroliers, les spécifications au niveau des matériaux de fabrication et de la pression maximale permise sont présentées sous la catégorie TC406, comme nous le démontre le graphique suit.

Outre les contrôles plus serrés, les remorques-citernes ont connu peu ou pas de changement depuis quelques années. Le principe de base demeure le même.

« Bien sûr, chaque compagnie tente d’apporter des modifications mais les équipements de base demeurent les mêmes. Il y a une valve de fond, qui est reliée à un dispositif d’urgence. Si l’opérateur est à effectuer une livraison et que quelque chose survient, en fermant cette valve, tous les compartiments de la citerne vont se fermer. Ces valves sont privées d’air et se ferment. Les éléments de plomberie vont continuer à se vider mais, au moins, le contenu des compartiments sera préservé », nous explique Frédérick Hervieux.

Conception sécuritaire

Dans le transport de produits pétroliers, les réservoirs sont généralement compartimentés. Ces réservoirs sont appelés « à têtes doubles ». Un espace est aménagé entre chaque compartiment. Il ne s’agit pas d’une paroi unique, mais de deux parois, convexes et concaves, adossées. Ainsi, les différents produits ne touchent pas la même paroi. Des parois bombées permettent un certain déplacement du produit à l’intérieur, ce que des parois planes ne pourraient faire.

Par Richard Marcil

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