Congrès APMLQ – « Ensemble, misons sur notre avenir! » : une première au Centre des congrès de Québec

Pour la première fois, les 20 et 21 avril derniers, les membres de l’Association des propriétaires de machinerie lourde du Québec (APMLQ) ont tenu leur réunion annuelle au Centre des congrès de Québec. Sous le thème « Ensemble, misons sur notre avenir », la 52e édition du congrès annuel a attiré 380 participants et près d’une soixantaine d’exposants.

Avec l’ajout de plusieurs associations affiliées, ces dernières années, le congrès de l’APMLQ a pris de l’ampleur et l’espace devenait de plus en plus restreint dans les hôtels de Québec qui ont accueilli l’événement. Le Centre des congrès permet à la fois d’accueillir plus d’exposants et de concentrer les conférences et activités diverses sur le même étage.

Ouverture

Le vendredi matin a été lancé par le conférencier Carol Allain, déjà présent au congrès tenu à Québec en 2014. Encore une fois, il a su capter l’attention des membres de l’APMLQ en parlant des différences entre les générations touchant leur rapport au travail. Il a centré son propos sur la thématique de la relève en entreprise.

Suivait un atelier axé sur la gestion d’entreprise, où plusieurs experts sont venus parler des difficultés particulières associées au transfert de propriété et à la relève entrepreneuriale. Marie-Line Giguère, du cabinet Deveau avocats, a présenté les différentes étapes légales associées au transfert. « Le repreneur peut être un membre de la famille, être déjà présent dans l’entreprise ou venir de l’externe. Dans tous les cas où c’est possible de le faire, le transfert exige de la préparation, notamment pour bien considérer les conséquences fiscales de la transaction », précise-t-elle.

Benjamin Poupart, comptable chez Massie Turcotte & associés, a parlé des différences d’estimation de la valeur de l’entreprise et des formes de financement de la transaction.

Deux représentants du service aux entreprises au Cégep de Thetford, Dave Fillion et Nathalie Lamarre, ont ensuite présenté les différentes formations offertes aux entrepreneurs qui désirent assurer la relève dans l’entreprise.

Le déneigement

À l’heure du midi, il y a eu un échange non prévu à l’horaire entre Jean-Yves Gauthier, président de l’APMLQ, et Véronyque Tremblay, ministre déléguée aux Transports au sein du gouvernement Couillard. Mme Tremblay a parlé des mandats qui lui sont confiés par le ministre responsable, André Fortin, au sein du ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports (MTMDET). La ministre Tremblay a présenté les principaux chantiers routiers en cours, les modifications récentes au Code de la sécurité routière et les nouvelles règles en matière de gestion des contrats. Elle a aussi évoqué le récent forum sur l’avenir du déneigement, tenu à Québec le 6 avril dernier à Québec.

Lors de l’assemblée générale du samedi 21 avril, le directeur général de l’APMLQ, Yvan Grenier, a fait le point sur la situation dans le déneigement et les attentes découlant de la tenue du forum du 6 avril. « On a réussi à convaincre nos partenaires que l’industrie du déneigement s’en va dans un mur », ajoute-t-il. Il a énuméré les sujets d’inquiétude chez ses membres: manque de main-d’œuvre, réduction du nombre de soumissionnaires et désintérêt des entrepreneurs, manque de reconnaissance de la valeur de leur travail, processus d’appel d’offres, manque d’uniformité dans la surveillance, etc.

Durant le lunch du 20 avril, Jean-Yves Gauthier a joué à l’interviewer en posant des questions à la ministre déléguée aux Transports, Véronyque Tremblay.

Le conseil d’administration de l’Association a réussi à rencontrer le ministre titulaire de l’époque, Laurent Lessard, le 21 juin 2017 à Québec. Après plusieurs années d’efforts, l’APMLQ a pu obtenir la tenue d’un forum axé sur l’avenir du déneigement. Les discussions n’avançaient plus au sein du comité tripartite sur la viabilité hivernale, explique M. Grenier. « C’était devenu l’endroit où le Ministère venait nous annoncer ses décisions. »

Participaient au forum 18 hauts fonctionnaires de divers ministères, des représentants des entreprises privées, dont 12 membres de l’APMLQ et 18 entrepreneurs généraux membres de l’ACRGTQ. Les actes du forum n’étaient pas encore publiés au moment de son allocution, mais le gouvernement a promis de produire rapidement un plan de match. « Nous serons vigilants, soyez certain que le rapport ne sera pas mis sur une tablette », promet Yvan Grenier.

Le directeur général de l’APMLQ, Yvan Grenier, a présenté le rapport d’activités. À droite: le président Jean-Yves Gauthier.

Par ailleurs, ce dernier rappelle aux entrepreneurs qui signent des contrats dont la valeur dépasse le million de dollars de ne pas attendre à la dernière minute pour renouveler leur attestation auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Cette attestation n’est valide que pour trois ans et les premières ont été obtenues il y a trois ans. Pour ceux dont les contrats de déneigement se terminent cette année et qui veulent participer aux appels d’offres pour l’hiver 2018-2019, tant auprès de Transports Québec que des municipalités, il faudrait déjà procéder au renouvèlement. « Les délais pour le renouvèlement sont presque aussi longs que pour l’obtenir la première fois. Si vous avez fait la demande, vous ne serez pas pénalisés si l’AMF ne vous a pas encore répondu », ajoute M. Grenier.

Une vie bouleversée

Le conférencier principal du vendredi midi était Jonathan Plante, qui raconte sa vie. Son parcours comprend un avant et un après, le moment charnière ayant eu lieu le 12 mars 2007. Travaillant en construction pour l’entreprise d’un ami, en tant que charpentier-menuisier, amateur de sports extrêmes et de sensations fortes, il se croyait invincible. Pour épargner le temps requis pour installer une rampe sécuritaire, il a gravi une surface glissante avec du matériel dans les mains. En arrivant sur le dernier palier, il a perdu l’équilibre et a chuté vers le sous-sol de l’immeuble. La chute a endommagé sa colonne vertébrale. Il est désormais paraplégique et confiné à un fauteuil roulant.

« On a étudié le lieu de l’accident, par la suite, et on constaté que ça nous aurait pris à tout casser environ 10 minutes, pour faire une rampe sécuritaire et un garde-corps. On avait tout le matériel sous la main, on avait l’expertise, mais j’ai décidé que ça n’était pas nécessaire. Le constat est brutal », dit-il. Son handicap ne l’empêche pas de mener diverses activités et sa conjointe a depuis donné naissance à deux enfants. Son témoignage se veut un vibrant rappel de l’importance des mesures de sécurité et des consignes en matière de prévention.

Entrepreneurs en forage

Un atelier particulier pour les membres de l’Association des entreprises en forage du Québec (AEFQ), affiliée à l’APMLQ, a eu lieu dans l’après-midi du 20 avril. Divers fournisseurs ont animé les échanges avec les participants. D’abord, Renée Rouleau, du distributeur Olympia Tubes, a fait part des variations inhabituelles du prix de l’acier depuis l’automne 2017. Les fournisseurs de produits transformés sont forcés de refiler la hausse du prix de l’acier à leurs clients. Les producteurs américains de tuyaux en acier prennent toujours les commandes des clients canadiens, mais le prix effectif sera déterminé au moment de la livraison.

« C’est du jamais vu, le fait d’augmenter le prix après avoir signé le contrat. Ça devient très difficile de stabiliser le prix, sauf si l’on accepte de supporter des inventaires importants », ajoute un concurrent, présent dans la salle. « Vous achetez un ou deux voyages de camion par année de ces tuyaux, mais nous, on doit en commander beaucoup plus. La seule façon d’avoir des prix stables est d’acheter ailleurs qu’aux États-Unis », souligne Mme Rouleau. Or, le tuyau de 18 pouces de diamètre le plus couramment utilisé dans le forage de puits est surtout fabriqué à Chicago. De plus, les frais de transport découlant de la hausse du carburant ne cessent de grimper, au grand désarroi des fournisseurs.

Alain Racine, de la firme de consultants Akifer, a ensuite présenté le matériel qu’il propose aux entrepreneurs qui veulent inspecter l’état des puits de forage à un coût abordable. Une caméra montée sur un système pivotant est jointe à une tige rigide. Un fil gradué est utilisé pour mesurer la profondeur. On peut utiliser un simple ordinateur portable (PC) pour récupérer les données et les images.

Daniel Talbot, de Crevier Lubrifiants, a insisté sur l’importance de la propreté de l’huile utilisée pour lubrifier les équipements. Il suggère notamment de bien fermer les bidons de 20 ou 200 litres sur les chantiers, car la poussière ambiante peut contaminer l’huile et en réduire l’efficacité. Le système ISOCLEAN offert par le distributeur garantit le taux de propreté de ses lubrifiants. « On peut ainsi prolonger la durée des intervalles entre deux vidanges d’huile, un aspect non négligeable », selon M. Talbot.

Yannick Bélanger, de Nord Est Équipements, a parlé de la prévention et de la maintenance des systèmes hydrauliques sur les équipements de forage. Cette firme de Saint-Hyacinthe est désormais associée à Entreprise Bernard Ostiguy, fondée en 1993 et spécialisée dans l’entretien et la réparation des équipements de forage.

Météo routière

En fin d’après-midi, Sylvain Noël, spécialiste en viabilité hivernale au MTMDET, a fait part des développements récents dans l’utilisation des données météorologiques pour assurer l’entretien et la prévention des routes. Le système météoroutier (SMR) du Ministère est doté de 53 stations fixes et de plusieurs stations mobiles. Ces dernières sont notamment équipées d’un pistolet infrarouge qui aide à déterminer la température à la surface (Ts) du pavage. En jumelant cette information à de nombreuses autres données, dont la température du point de rosée (Td), le SMR fournit des prévisions aux entrepreneurs et au personnel du Ministère chargé de l’entretien des routes publiques.

L’interface graphique du système sert d’outil d’aide à la décision. Le Ministère fournit aussi des chartes d’épandage aux entrepreneurs, lesquels peuvent les utiliser dans leur contexte de travail. « Ça fournit une base solide, mais ça ne remplace pas l’expérience et l’expertise des opérateurs d’équipements », précise M. Noël.

En 2019

Le congrès 2019 aura lieu les 12 et 13 avril prochains au tout nouveau centre des congrès de Saint-Hyacinthe. À la demande des membres de l’AEFQ, les exposants auront la possibilité d’y présenter de plus gros équipements et de la machinerie. L’habitude sera conservée pour le retour du congrès à Québec ou dans la région métropolitaine, promet-on à l’APMLQ.

Par Alain Castonguay

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