Coût du carburant: Boule de cristal demandée

Avec des prix à la pompe qui fluctuent presque quotidiennement, il est assez difficile pour quiconque de prédire un budget annuel en termes de dépense de carburant. Alors qu’il s’agit d’un exercice que peu d’entre nous se donnons la peine de faire, parce que trop complexe, imaginons le même exercice pour un gestionnaire de flotte.

Il serait facile de penser que, pour ces dirigeants, prédire avec exactitude le budget à allouer au compte carburant relève de l’impossible. Certains iront d’approximations basées sur un prix moyen, alors que d’autres appliqueront un pourcentage de hausse au résultat de l’année précédente. Après tout, ne s’agit-il pas que de budgets? Mais en fait, comme il est question du poste de dépense le plus important pour un bon nombre de transporteurs, il vaut sans doute la peine de s’y attarder plus attentivement.

Selon Pierre-Olivier Pineau, professeur agrégé à l’École des HEC de Montréal et titulaire de la Chaire internationale CPA de recherche en contrôle de gestion, il n’y a pas de recette miracle.

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« La stratégie optimale tant recherchée n’existe pas. Pas plus que la boule de cristal. Mais, à l’instar de plusieurs compagnies aériennes, comme Air Canada par exemple, les compagnies de transports auraient avantage à travailler étroitement avec leur institution financière. En achetant des produits financiers leur permettant de couvrir leurs achats de carburant, elles peuvent bénéficier d’un prix stable et ne pas dépendre des fluctuations du marché. Certes, cette stratégie entraîne un coût en termes de frais financiers, mais si le prix du pétrole augmente, les entreprises en tireront un bénéfice. Par contre, dans le cas d’un prix à la baisse, elles sont perdantes. »

Pierre-Olivier Pineau reste néanmoins catégorique sur un point : la meilleure stratégie à adopter demeure celle de l’efficacité énergétique.

« Les entreprises de transport doivent se concentrer sur un objectif : réduire leur consommation. Elles peuvent y arriver en travaillant sur l’aérodynamisme de leur flotte, sur les vitesses permises ou encore sur une conduite plus écologique. À ce titre, Transport Robert constitue un bel exemple. En adoptant le gaz naturel liquéfié (GNL) comme carburant pour sa flotte, l’entreprise peut prévoir plus facilement sa dépense annuelle, le prix du GNL étant plus stable. Qui plus est, il est moins onéreux que le diesel et moins polluant. L’entreprise gagne donc sur les trois tableaux. »

Rapport révélateur

Pour une troisième année, la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal publiait, en décembre dernier, l’État de l’énergie au Québec, un bilan annuel qui rassemble les données les plus récentes sur le secteur. On y retrouve certaines données quelque peu alarmantes.

Ainsi, par exemple, la hausse de la consommation d’énergie dans le secteur du transport commercial de marchandises et de voyageurs est la plus inquiétante. En effet, entre 1990 et 2013, la consommation de carburant a connu une hausse de 63%, comparativement à 15% pour les véhicules personnels.

Par Richard Marcil

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