Derrière le volant – Benne relevée : un témoin silencieux et/ou un système sonore?

La benne du camion qui a percuté de plein fouet la passerelle piétonnière sur l’autoroute 40, à Repentigny, le 4 avril dernier, a relancé l’épineux débat sur l’obligation d’installer un système à signal indiquant au camionneur que sa benne s’est soulevée. La question est entre autres de savoir si un témoin lumineux suffit à faire le travail ou si un mécanisme à signal sonore serait nécessaire.

Cet incident arrive au moment où le gouvernement du Québec étudie le projet de loi 165, la Loi modifiant le Code de la sécurité routière et d’autres dispositions. Ce projet de loi prévoit entre autres « des dispositions relativement à l’équipement de certains véhicules de même qu’à la vérification de leur conformité, notamment il prévoit que les véhicules lourds à benne basculante devront être munis d’un témoin lumineux pour informer que la benne n’est pas complètement abaissée ».

Un système sonore serait plus efficace

Or, certaines entreprises de camionnage restent sur leur appétit devant la proposition faite par Québec, car elles prétendent qu’un témoin lumineux demeure insuffisant pour attirer l’attention des camionneurs distraits qui oublient de descendre leur benne au moment de prendre la route. Le tableau de bord d’un camion étant rempli de plusieurs lumières, ces entreprises croient qu’un système sonore serait beaucoup plus efficace.

Il existe d’ailleurs déjà au moins une entreprise au Québec, située à Saint-Prime, au Lac-Saint-Jean, qui travaille sur un tel engin. Depuis deux ans, STL Lubrifiants fabrique un dispositif qui avise les conducteurs de poids lourds lorsque leur benne est relevée.

Selon Marc Croussette, son responsable de la recherche et du développement, l’entreprise vend deux modèles avisant le conducteur d’un poids lourd que sa benne est relevée grâce à un témoin lumineux et un avertissement sonore. Les deux appareils se vendent 600 $ et 3000 $.

Ce système a été installé dans une vingtaine de camions. Certaines municipalités du Lac-Saint-Jean, comme Alma et Saint-Félicien, ont d’ailleurs équipé les camions du système d’avertissement à benne relevée.

Pour sa part, Michel Crépeau, directeur de l’École du routier professionnel, à Montréal, croit également que l’installation de témoins lumineux n’est pas suffisante; il faudrait en plus un avertisseur sonore.

Voir toutes les nouvelles du transport

Publicité