Derrière le volant – Investissements routiers: Québec investira 4,8 milliards $ entre 2018 et 2020

Les infrastructures de transport sont celles ayant le plus grand potentiel de stimulation de l’économie. Les gouvernements qui se sont succédés à Québec au fil des ans ont reconnu cet état de fait et ont revu la nécessité d’investir massivement dans ces infrastructures au cours de la dernière décennie, surtout depuis l’effondrement du viaduc de la Concorde en 2006.

Cette année ne semble pas faire exception, car le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, André Fortin, a annoncé, le 2 mars dernier, des investissements de plus de 4,8 milliards $ sur le réseau routier québécois entre 2018 et 2020, une hausse de 200 M$ par rapport à l’an dernier.

Plus de 2 100 chantiers jusqu’en 2020

« Cette programmation routière représente bien plus que des chiffres d’envergure. C’est la capacité de mobiliser l’expertise et le savoir-faire de milliers de travailleurs pour livrer des projets qui auront un impact réel sur la qualité de vie des familles. C’est aussi un levier de développement économique crucial pour chaque région. Je suis fier de leur présenter un carnet d’investissements qui permettra aux usagers du réseau de bénéficier d’infrastructures routières sécuritaires, performantes et durables », a avancé le ministre Fortin par voie de communiqué de presse.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) réalisera pas moins de 2 119 chantiers au cours de la période 2018-2020.

Bien qu’impressionnant, ce montant s’ajoute aux autres montants alloués pour l’entretien des routes du Québec au cours des six dernières années, soit depuis la période 2013-2015. Au cumul, la somme des investissements routiers s’élève à près de 29,5 milliards $. Elle met en relief la négligence de nos gouvernements québécois puisqu’ils contrastent avec le déclin des investissements en infrastructures de transport enregistrés au cours des années 1980 et 1990.

Une négligence qui coûte très cher

Ce désintérêt a eu pour effet que le Québec a accusé un retard considérable par rapport à la moyenne canadienne, un retard qui a grandement affecté la productivité et la rentabilité de certaines entreprises au cours des dernières années. Il suffit seulement d’imaginer une économie avec des camions, mais sans routes ou des bateaux, mais pas de ports.

Le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal publiait en 2011 une étude pertinente selon laquelle cette négligence finit par coûter très cher au Québec. En effet, en laissant se dégrader son infrastructure routière, les autorités ont non seulement ignoré les conséquences financières d’un réseau de transport en mauvais état pour les usagers de la route, mais aussi les coûts astronomiques liés à la réfection des routes endommagées.

« Dans les pays industrialisés, les infrastructures de transport sont celles qui ont le plus grand potentiel de stimulation de l’économie à long terme. Un réseau de transport performant réduit les coûts des entreprises, affecte leur décision de localisation, donne accès à de nouveaux marchés et peut apporter des gains de productivité considérables », avait alors affirmé Robert Gagné, directeur du Centre.

De par sa taille, son climat d’une rigueur extrême, sa faible densité de population ainsi que ses ressources financières limitées, la gestion du réseau routier québécois représente un défi plus important qu’ailleurs.

« Les conséquences d’une telle négligence sont d’autant plus coûteuses », avait ajouté M. Gagné.

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