Derrière le volant – L’industrie québécoise du camionnage a besoin de renfort

L’industrie du camionnage n’est pas épargnée par la pénurie de main-d’œuvre. Certaines entreprises ont parfois jusqu’à 30 % de leur flotte de camions immobilisée parce qu’elles ne trouvent personne à mettre derrière le volant. L’heure est grave parce que la tendance pourrait se poursuivre, voire même s’aggraver.

Un rapport du Conference Board du Canada, publié en 2016, a avancé qu’il manquerait jusqu’à 25 000 camionneurs pour répondre aux besoins du marché d’ici 2020. Pendant ce temps, les entreprises de camionnage multiplient les publicités sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels pour séduire de futurs employés.

Le Centre de formation de transport de Charlesbourg (CFTC) retrousse aussi ses manches pour voir aussi le nombre d’inscriptions augmenter. Un article publié par le Charlesbourg Express, le 16 février dernier, relate que « le CFTC a fait face à un nombre d’inscriptions un peu plus bas que l’année précédente, soit une baisse d’environ 75 inscriptions sur les 1350 habituelles ».

L’industrie québécoise du camionnage a donc besoin de renfort.

Une conciliation travail-famille difficile

C’est malheureusement connu : les conditions de travail peu attrayantes et des exigences parfois très exagérées des donneurs de travail ne permettent pas aux nouveaux routiers de concilier travail et vie personnelle. La situation ne date malheureusement pas d’hier.

Une enquête de la firme Léger, réalisée en 2000 auprès de 662 camionneurs québécois, permettait de constater que, parmi les camionneurs-propriétaires, près de 12,6 % étaient payés à l’heure. Le plus souvent, les camionneurs-propriétaires sont payés « au mille » ou « au kilomètre ». Il est difficile d’évaluer si la situation s’est améliorée, mais il est fort à parier qu’elle ne s’est pas entièrement résorbée.

Pendant ce temps, les principaux intervenants de l’industrie font actuellement des pieds et des mains pour redorer l’image d’un secteur qui a en grand besoin. La relève est difficile à accrocher et à garder. La génération qui arrive en ce moment sur le marché du travail n’est pas très intéressée à travailler pour 40 000 à 45 000 $ par année et être absent de la maison pour un travail qui exige 60 à 70 heures par semaine.

C’est une situation pour le moins inquiétante, car l’industrie du camionnage est de toute évidence l’épine dorsale de l’économie du Québec et représente à elle seule 3,1 milliards $ en produit intérieur brut.

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