Derrière le volant – La voiture, reine du Grand Montréal

Un nouveau rapport rendu public le 18 février dernier par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) vient une fois de plus confirmer que la voiture demeure, de loin, le principal mode de transport pour les navetteurs du Grand Montréal.

Même la proportion de navetteurs utilisant l’automobile pour les déplacements domicile-travail est demeurée relativement stable au cours des 15 dernières années, augmentant de 142 140, en nombre absolu, entre 2001 et 2016, pour se fixer aujourd’hui à 1,2 million de conducteurs dans la région métropolitaine.

Dans un contexte où le Grand Montréal continue de jouer un rôle important en Amérique du Nord, parce qu’il rejoint des marchés économiques d’envergure situés un peu partout aux États-Unis et au Canada par son réseau autoroutier, la tendance actuelle peut paraître intenable, surtout dans un contexte où la région représente un point de départ et d’arrivée de premier plan pour les camions de marchandises à l’échelle du Québec.

L’heure doit être aux solutions

Les chiffres de la CMM expliquent du coup pourquoi la congestion coûte en bonne partie collectivement des milliards $ à chaque année. Elle représente annuellement, seulement à Montréal, entre 1,8 et 2,5 milliards $, soit plus de 1 % de son produit intérieur brut (PIB). La situation de Montréal est même la pire au pays, selon l’analyse réalisée par Inrix, une entreprise qui a étudié la congestion routière dans plus de 1000 villes à travers le monde en 2017.

L’heure doit être maintenant aux solutions pour éviter que l’industrie du transport routier ne paie davantage les frais des effets pervers de la congestion routière. Rappelons-nous de cette sortie publique de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), en septembre 2013, qui avait fait un plaidoyer sans précédent en faveur du développement de nouveaux services de transport collectif.

« Dans les prochaines années, ce sera l’un des leviers essentiels pour libérer le réseau routier, faire passer les marchandises et laisser rouler l’économie. Je le dis souvent en blague, mais les marchandises, elles, ne peuvent pas prendre le métro. Je ne suis pas non plus le lobbyiste des transports en commun, mais pour nous, c’est la seule porte de sortie. C’est tout un virage de société qu’il faut provoquer. Mais pour réussir, il faut que la qualité du service, le confort et la convivialité soient au rendez-vous », avait mentionné le président-directeur général de l’ACQ, Marc Cadieux.

À quelques semaines du dévoilement, par le gouvernement du Québec, de sa Politique de mobilité durable, les attentes sont pour les moins élevées pour renforcer le rôle du Grand Montréal comme plaque tournante de premier plan en Amérique du Nord, surtout en cette période de négociations pour le renouvellement de l’ALÉNA.

Les chiffres publiés par la CMM ne doivent donc pas être perçus comme un horizon qui s’assombrit, mais plutôt comme une opportunité pour favoriser la mise en place, dans une perspective à court, moyen ou long terme, des conditions propices au développement de l’industrie du transport.

Ces conditions viseraient à maintenir, voire à améliorer, les conditions de circulation pour le transport de marchandises sur le réseau routier.

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