Derrière le volant – Voitures autonomes: il y a loin de la coupe aux lèvres

À l’heure où l’industrie du camionnage est frappée par une pénurie, voilà que la réalité des camions autonomes prend forme au pays et ils feront sans doute leur apparition sur nos routes d’ici 10 à 15 ans. Le Canada est toutefois bien mal préparé à leur arrivée, selon un rapport du Comité sénatorial des transports et des communications dévoilé le 29 janvier dernier.

Le rapport du Sénat consolide une position déjà connue. En effet, en 2015, le Conference Board estimait déjà que « lorsqu’il est question des véhicules automatisés, il ne faut pas se demander si cette technologie sera adoptée à grande échelle, mais quand ». Dans son rapport, il disait s’inquiéter que le pays « accuse un certain retard dans la reconnaissance et la préparation aux importantes répercussions que cette technologie perturbatrice aura sur notre société ».

Pour assurer le succès du déploiement des voitures sans conducteur au Canada, le Comité sénatorial permanent des transports et des communications a avancé, dans son rapport, 16 recommandations, après avoir analysé les risques et les avantages dans le but de favoriser le développement responsable de cette technologie au pays.

Grosso modo, les recommandations exhortent des ministères gouvernementaux fédéraux à collaborer avec des innovateurs pour mettre en place les bases d’une politique pour favoriser le développement responsable de cette technologie. Le Comité estime aussi qu’une stratégie coordonnée à l’échelle nationale serait nécessaire pour s’assurer que la population tire profit de cette technologie.

Un impact sur la sécurité

Néanmoins, malgré l’incertitude sur leurs dangers potentiels, les camions sans conducteur sont porteurs de belles promesses pour l’industrie du transport. Dans un contexte où 94 % des collisions sont attribuables à une erreur humaine ou à une mauvaise décision, ces véhicules pourraient avoir un impact positif sur la sécurité. Ils seraient en effet équipés de capteurs qui leur permettraient de détecter les situations dangereuses et les éviter.

Cependant, Teamsters Canada, qui représente plus de 125 000 membres, notamment dans les secteurs du transport, a pour sa part manifesté ses inquiétudes sur l’avènement des véhicules autonomes puisque les études effectuées ne rendent pas compte des conditions hivernales sur des routes mal entretenues.

De plus, l’arrivée des camions autonomes soulève aussi un certain nombre de questions sur la sécurité au chapitre du transport de matières dangereuses, qui est confronté à une réglementation de plus en plus sévère auxquelles les entreprises sont dans l’obligation de se plier.

 Des avantages économiques de 65 milliards $

Par ailleurs, l’automatisation des camions apporte un lot d’avantages considérables pour les entreprises, surtout quand on considère le montant qu’il en coûte pour transporter des marchandises. Puisque une bonne partie du prix est souvent attribuable aux frais de main-d’œuvre, une flotte de camions sans conducteurs permettra aux entreprises d’économiser sur les salaires.

Même la Conference Board du Canada évaluait, en 2015, que les avantages économiques des véhicules autonomes atteindraient quelque 65 milliards $ par année, à l’échelle du pays, en comptant les accidents évités, le carburant économisé ainsi que la réduction de la congestion routière.

Toutefois, l’organisme ajoutait aussi que l’implantation de ces types de véhicules pourrait signifier la disparition ou le « déplacement » des emplois de plus de 500 000 Canadiens.

Pour lire le rapport du Sénat, cliquez ici.

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