Équipements de levage et machineries surdimensionnées – Des défis toujours plus grands

Avec les grands chantiers d’infrastructures qui se multiplient et qui devraient encore se poursuivre pour quelques années, nous avons voulu savoir comment se portait l’industrie touchée de près par ces grands travaux : celle du levage et des équipements de grandes dimensions ou fort poids, comme les pompes à béton. À cette fin, nous nous sommes entretenu avec Jean Grandbois, de la firme de génie-conseil Camtech Consultants.

Camtech offre une gamme de services étendus dans le domaine des véhicules routier. Du design et de la fabrication ce certains équipements, comme les diabolos pour flèche de grue, à l’expertise technique complète en matière de levage, en passant par l’évaluation des véhicules en fonction de la règlementation et l’obtention de la marque nationale de sécurité, Camtech est véritablement un guichet unique quand il s’agit de s’assurer de la conformité de véhicules routiers et de leur utilisation sécuritaire et conforme aux normes.

La firme de génie-conseil est aussi régulièrement consultée pour effectuer des études avant l’établissement des normes et règlementations, ainsi que des devis pour la conception de véhicules. Et malgré un ensemble de services si vaste, Camtech a néanmoins développé une expertise poussée dans les équipements lourds liés aux grands chantiers.

« Les manufacturiers de grues, de pompes à béton ou de foreuses, nous les connaissons tous », souligne Jean Grandbois. « Nous avons débuté dans l’industrie du levage en raison du règlement sur les permis qui remonte à 1993, et qui exigeait et exige toujours une homologation d’ingénieur quant aux caractéristiques de l’équipement. »

C’est aussi ce besoin qui a mené l’entreprise à développer des diabolos de conception unique qui permettent aux entreprises opérant les grandes grues de déposer l’extrémité de la flèche de manière à respecter les limites de charges acceptées. Camtech offre aussi la conception d’autres appareils spécialisés, tant pour les équipements circulant sur la route que pour les pièces nécessaires à l’opération, comme les poutres d’écartement pour grues et ponts roulants.

Et même une fois sur le terrain, Camtech peut appuyer les opérations en préparant un plan de levage, pour assurer que tout se déroule selon les normes et capacités des équipements, ou en effectuant l’inspection annuel de l’équipement de levage.

« Les plans qui définissent exactement comment le levage devra s’effectuer sont de plus en plus demandés » souligne Jean Grandbois. « C’est notamment le cas pour le levage des composantes et pales d’éoliennes. Nous examinons la grue, ses capacités, la longueur de la flèche, le poids à lever, tout l’aspect technique et mécanique de l’opération de levage. »

Des équipements très sollicités

Selon Jean Grandbois, l’industrie québécoise du levage fait généralement bonne figure. Il souligne par ailleurs que la taille de l’entreprise n’est pas nécessairement garante de bonnes pratiques sécuritaires. Devant l’ampleur de certains gros chantiers ou encore de constructions de grandes dimensions, nous lui avons demandé si les équipements étaient poussés à leur limite.

« Les équipements sont de plus en plus gros, pour répondre aux besoins des constructions. Et les risques suivent cette courbe et sont plus grands. En général, au Québec, on est parmi les plus sécuritaires. J’ai vu des accidents, même en Europe, où il était évident dès le départ que les risques étaient élevés. Des choses qui ne seraient pas acceptées ici. Il faut se rappeler : plus les machines grossissent, et plus il y a de risques. »

Autre facteur de risque qui augmente depuis quelques années : les tempêtes de vent.

« Quand on monte une machine, et qu’il n’est pas possible de descendre rapidement la flèche au sol parce qu’il n’y a pas l’espace physique pour le faire, que fait-on lorsque survient une tempête avec des vents 150 km/h? Avant, les grues n’avaient pas des flèches aussi longues, et il y avait moins de tempête de vent qu’aujourd’hui. »

Jean Grandbois souligne aussi la problématique liée au nombre de chantiers, aux délais serrés et à la disponibilité de grutiers expérimentés.

« Les machines les plus grosses sont normalement opérées par de meilleurs opérateurs, avec plus d’expérience. Tu ne peux pas commencer avec une grue de 650 tonnes. Mais il y a de plus en plus de grosses machines. Et inévitablement, le pourcentage d’opérateur très qualifié va diminuer éventuellement. Et je ne suis pas sûr que la qualité de formation des opérateurs s’améliore aussi vite que la complexité et la grosseur des grues, et les besoins des chantiers. »

Et le transport?

Le transport des grandes grues et pompes à béton devient lui aussi problématique. Comme le souligne Jean Grandbois, contrairement à un transport hors norme d’une pièce d’équipement à des fins de livraison sur un chantier, la possibilité de déplacer les grues et les pompes est de l’essence même de ces pièces d’équipement.

Par Claude Boucher

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