Formation des camionneurs – 2 500 chauffeurs promus des CFT chaque année!

À l’instar de l’éducation générale, la formation pour devenir camionneur peut être prodiguée au public ou au privé. Des organismes, reliés au système d’éducation, comme le Centre de formation du transport routier (CFTR) St-Jérôme ou le Centre de formation en transport de Charlesbourg (CFTC) tirent une partie de leur budget de fonctionnement de l’aide de l’État. La formation est donc rendue plus accessible à ceux et celles qui disposent de budgets plus limités.

En fait, on parle ici de déboursés nets pour l’étudiant de 132 $ et de 200 $ respectivement, contrairement aux écoles privées qui peuvent demander plus de 10 000 $ pour une formation. Au public, le recrutement s’en trouve donc grandement facilité. Et comme nous le savons, l’industrie souffre d’une pénurie importante au niveau de la relève. L’offre des CFT est donc primordiale pour celle-ci, en vue d’assurer une relève adéquate.

« Selon les données recueillies par CAMO-Route auprès de l’industrie du transport, il y aurait un nombre estimé d’embauches, pour l’année 2016-2017, à près de 23 000 chauffeurs de classe 1. À cela, on évalue que la moitié des embauches futures est motivée par le roulement de main-d’œuvre. À eux seuls, les CFTC et CFTR St-Jérôme forment environ 2 500 chauffeurs annuellement, en formation initiale. Notre offre est donc importante pour l’industrie québécoise. À cette offre, nous pouvons ajouter une gamme de services de formation continue et complémentaire. Il faut toutefois être réaliste et comprendre que la problématique ne provient pas de l’offre mais bien d’un manque de candidats désireux de suivre la formation », nous explique Catherine Jauvin, conseillère en communication au CTFC.

Catherine Jauvin, conseillère en communication au CTFC

Des programmes ont été mis en place pour susciter un plus grand intérêt et répondre à une préoccupation de l’industrie du transport routier quant au recrutement.

« Il y a notamment le Programme enrichi d’accès à la conduite de véhicules lourds (PEACVL), qui vise à permettre à quelque 300 jeunes conducteurs âgés de 17 et 18 ans d’avoir accès au permis de conduire de classes supérieures. Les candidats doivent alors participer à un programme d’études adapté et à un stage d’encadrement en entreprise favorisant une intégration graduelle à l’emploi. Ce programme permet à de jeunes conducteurs d’adhérer plus rapidement au réseau routier en toute sécurité au volant de véhicules lourds », poursuit Catherine Jauvin.

Ainsi, pour l’année scolaire en cours, 226 des 1 264 élèves inscrits au CFTC ont entre 16 et 20 ans. Sur cet aspect, Catherine Jauvin a tenu à préciser que la moyenne d’âge des élèves inscrits au DEP en Transport par camion s’élevait à 33-34 ans.

Au privé

Plusieurs écoles offrent des formations théoriques et pratiques pour quiconque veut devenir camionneur, et ce aux quatre coins de la province. Parmi celles-ci, le Centre de formation du routier de Montréal, dont le propriétaire, Stéphane Émond, a bien voulu discuter de certains points chauds concernant la formation.

« Peu importe si l’étudiant choisit un centre de formation privé ou public, il doit prendre le temps de bien analyser la question. Ici, au CFRM, nous n’hésitons pas à dire à un candidat que le métier, et par conséquent la formation, n’est pas pour lui, qu’il gaspillerait temps et argent. Voilà une des raisons pour lesquelles des transporteurs majeurs, comme TransForce par exemple, font appel à nous pour recruter leurs chauffeurs. Depuis les changements apportés aux réglementations en 2010, les employeurs sont beaucoup plus sévères et exigeants. Notre formation est reconnue et répond à leurs besoins. »

La formation offerte au CFRM est reconnue pour l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP). Avec plus de 600 élèves inscrits par année, le taux de réussite frôle les 92%, c’est-à-dire que 550 étudiants travailleront dans l’industrie.

« La demande pour la formation de camionneur est grandissante. Cette situation s’explique du fait qu’il y a moins de fabrication domestique. Nous devons importer davantage de produits qui, en bout de ligne, requièrent une solution de transport, souvent terrestre », poursuit Stéphane Émond.

Les résultats obtenus par le CFRM expliquent-ils des déboursés aussi importants? Stéphane Émond a tenu à mettre les pendules à l’heure.

« Notre formation est basée sur 20 heures de cours théoriques, lors desquels nous abordons toutes les facettes de la conduite d’un poids lourds. Notre formation est prodiguée par des enseignants qualifiés, et non à l’aide d’un CD sur ordinateur. Certains étudiants arrivent chez nous et n’ont aucune idée d’un freinage assisté par la compression. Côté pratique, nos élèves ont la chance de s’exercer sur différents types de camions, se familiariser avec différentes transmissions et manœuvrer avec différentes longueurs de remorques. Lorsqu’ils se présentent à la SAAQ pour l’obtention de leur permis, leur taux de réussite atteint les 98%. »

Par Richard Marcil

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