Formation de base des chauffeurs de camion – Une norme nationale d’ici 2020

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et ses homologues provinciaux se sont engagé à élaborer une norme nationale pour la formation de base des chauffeurs de camion de classe 1 d’ici un an. Cet engagement découle de la plus récente réunion annuelle des ministres responsables des transports et de la sécurité routière, qui se tenait à Montréal le 21 janvier.

Présidé conjointement par le ministre fédéral Garneau et la ministre de la Voirie et de l’Infrastructure de la Saskatchewan, Lori Carr, la rencontre aura fait une large place aux mesures à mettre en place pour réduire les risques d’une répétition de l’accident qui a décimé l’équipe de Broncos de Humbolt l’an dernier dans la province du centre du pays. Selon Lori Carr, une norme nationale de formation de base des chauffeurs aurait dû être mise en place il y a plusieurs années.

« Tous ces véhicules circulent d’un océan à l’autre, et peu importe dans quelle province vous êtes, vous devriez avoir l’esprit tranquille en sachant que tous les chauffeurs sont formés de façon similaire et sécuritaire », a dit la ministre Carr.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, ressort satisfait de cette rencontre.

« J’ai été témoin d’un grand esprit de collaboration entre les participants. Par exemple, nous avons été en mesure d’atteindre un consensus au sujet des normes de formation des conducteurs de camion. Nous avons aussi eu une conversation sur la sécurité des autobus scolaires. La continuité de ces échanges constructifs est primordiale afin d’assurer la sécurité de tous. »

Les ministres fédéral et provinciaux ont convenu de tirer parti des travaux entrepris par plusieurs administrations afin d’élaborer une norme concernant la formation de base offerte aux conducteurs de véhicules commerciaux à travers le Canada d’ici janvier 2020. Selon eux, cette norme aidera à garantir que ces conducteurs possèdent les connaissances et les compétences nécessaires pour conduire des véhicules commerciaux de façon sécuritaire.

Actuellement, seule l’Ontario a une norme minimale de formation des chauffeurs de poids lourd, avec une formation obligatoire de 103,5 heures pour l’obtention du permis de classe 1. La Saskatchewan et l’Alberta prévoit déjà emboiter le pas en mars prochain. En Saskatchewan, les chauffeurs de camion avec semi-remorque devront suivre une formation d’un minimum de 121,5 heures. Une clause grand-père est toutefois prévue pour l’appliquer jusqu’au 15 mars prochain, pour les actuels détenteurs du permis. La norme prévoit de plus une période de probation de 12 mois, durant laquelle les chauffeurs qui recevront des contraventions pour excès de vitesse ou autres infractions, ou qui seront impliqués dans un accident responsable, pourront être sanctionnés.

Le ministre Garneau a souligné qu’il s’inspirerait des législations de l’Ontario et de la Saskatchewan pour l’élaboration de la norme nationale. Peu de détails ont filtré quant à la teneur finale de cette norme nationale de formation de base, mais tout porte à croire qu’elle s’apparentera aux normes prévues par les autorités provinciales qui ont déjà établi leurs propres normes. Pour l’instant, le ministre québécois des Transport, François Bonnardel, n’a émis aucun commentaire découlant de cette entente entre les provinces et Ottawa.

L’industrie réagit positivement

L’annonce de l’éventuelle norme nationale de formation de base des chauffeurs de camion est bien reçue par les associations de l’industrie. À l’Alliance canadienne du camionnage, le président du conseil d’administration, Scott Smith, applaudit l’harmonisation pancanadienne.

« Cette annonce est un excellent exemple de travail conjoint de l’industrie et du gouvernement vers l’obtention de résultats positifs », dit-il. « C’est une journée historique pour notre industrie de voir toutes les provinces s’engager à créer une norme nationale de formation. Le ministre Garneau et les ministres provinciaux devraient être applaudis pour leur leadership et leur engagement à travailler avec notre industrie. »

L’Association canadienne du camionnage d’entreprise est elle aussi satisfaite de ce premier pas vers une norme nationale de formation de base.

« L’ACCE a encouragé depuis des années Transport Canada et le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé à aller de l’avant avec une norme nationale de formation de base, et nous sommes heureux de voir cette mesure progresser. Nous avons travaillé avec l’Ontario, l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba pour l’élaboration de leurs propres normes de formation de base, et nous sommes heureux de travailler avec Transport Canada et le CCATM vers une norme nationale. Une formation de base adéquate pour les nouveaux chauffeurs est nécessaire dans notre industrie, et ceci est une étape très positive », a souligné Mike Millian, président de l’ACCE.

L’Association du camionnage du Québec approuve l’initiative, tout en soulignant que cette norme nationale, si elle s’aligne avec celle de l’Ontario ou de la Saskatchewan, sera encore bien en-deçà des 615 heures de formation dispensées aux Centres de formation en transport au Québec. Même si la formation offerte par les deux CTF n’est pas obligatoire, l’ACQ souligne qu’un fort pourcentage des nouveaux chauffeurs québécois est issu des CFT ou encore des écoles privées québécoises.

Pneus simples et automatisation

Les ministres fédéral et provinciaux des Transports ont aussi profité de cette rencontre pour faire le point sur d’autres mesures et d’autres défis. Ils ont convenu d’adopter les mêmes limites de poids pour les pneus simples à bande large que pour les pneus jumelés dans leur administration respective. Selon les ministres, ces changements permettent d’harmoniser davantage la réglementation, d’améliorer la productivité des corridors commerciaux et de réduire les émissions de GES.

Les ministres ont de plus discuté de l’éventuelle norme finale pour les dispositifs de consignation électronique des heures de conduite et de travail, mieux connus sous le nom de E-Log. Le ministre Garneau a affirmé que la réglementation finale devrait être adoptée sous peu, sans donner de date précise.

Ils ont aussi convenu de coordonner les efforts pour l’essai et le déploiement des véhicules connectés et automatisés, ce qui pourrait faire avancer le dossier des camions dotés de divers degrés d’autonomie au Canada.

Par Claude Boucher

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