Formation universitaire – Préparer le transport de demain!

La problématique du transport en milieu urbain dépasse largement la simple désuétude du réseau routier et des infrastructures, comme on nous le laisse croire. Certes, le volume croissant de véhicules sur nos routes cause un véritable casse-tête aux autorités chargées de les maintenir à un niveau acceptable. Au niveau universitaire, des recherches poussées étudient différents concepts qui, semblent pourtant des plus rudimentaires.

Travaillant de concert avec les différentes autorités, MTQ, municipalités et autres, les Chaires de recherche dédiées au transport et à la logistique de Polytechnique Montréal, déploient de nombreux efforts afin de cerner les problématiques actuelles du réseau routier québécois et de proposer des solutions adéquates.

« La plupart des grands axes routiers de la grande région métropolitaine ont été conçus et aménagés il y a près de cinquante ans », souligne Catherine Morency, titulaire de la Chaire de recherche sur l’évaluation et la mise en œuvre de la durabilité du transport (Chaire MOBILITÉ) et membre du Centre universitaire de recherche sur les réseaux d’entreprise, la logistique et le transport (CIRRELT). « Évidemment, à l’époque, la densité de véhicules était bien inférieure à celle que nous connaissons aujourd’hui. On serait porté à conclure trop facilement que des investissements majeurs permettant entre autres l’élargissement de ces axes règleraient le problème. Pourtant, il n’en est rien. Le nœud de cet imbroglio réside dans la concentration spatio-temporelle des déplacements qui fait que l’usage des réseaux n’est pas uniforme à travers la journée et le réseau. Ainsi, à certaines heures, on ne compte qu’un occupant à bord de certains véhicules, le taux d’occupation moyen étant estimé à 1,2 personne par automobile. Il devient donc évident que la capacité de notre réseau est sous-utilisée. »

Déjà, des voies réservées au covoiturage ont été aménagées aux heures de pointe sur différents axes routiers permettant l’entrée sur le territoire de l’Île de Montréal. Il s’agit bien sûr d’un pas dans la bonne direction.

« Mais on doit en faire plus. Il faut investir davantage dans les offres alternatives de transport et les rendre plus compétitives. Et il faut aussi considérer d’autres solutions pour les véhicules lourds : aménager des voies réservées aux poids lourds, comme on le fait aux différents postes frontaliers, pourrait s’avérer une solution intéressante mais nous ne disposons pas aujourd’hui des données permettant d’étudier de telles alternatives correctement », poursuit Catherine Morency.

Comme les livraisons de marchandises s’effectuent aussi en milieu urbain, notre experte met le doigt sur une autre problématique importante.

« Plus de 30% des véhicules possédés par les ménages ne sont pas requis pour assurer les déplacements typiques quotidiens. L’espace qu’ils occupent pourrait être valorisé à d’autres fins pour faciliter la mobilité active ou en transport en commun ou encore le transport des marchandises en milieu urbain. Déjà, la manœuvrabilité des poids lourds en milieu urbain est grandement hypothéquée, dû à leurs dimensions. Certains évoqueront aussi le fait que les livraisons se font durant les heures de pointe. Il y a peut-être là aussi matière à réflexion. Devrait-on réaménager les heures durant lesquelles les différents commerces exigent que ces livraisons soient effectuées? »

Choix difficile

Choisir entre l’utilisation de son véhicule et le transport en commun peut sembler pour plusieurs un dilemme facile à résoudre. Pour d’autres par contre, le choix est beaucoup plus difficile à faire.

« Certains automobilistes sont attachés à leur véhicule et à la liberté de mouvement qu’il procure. D’autres opteraient peut-être pour le transport en commun, mais la destination est souvent difficile d’accès et les offres disponibles mal adaptées à leurs besoins de déplacement. Voilà donc un autre segment d’utilisateurs qui se retrouve sur les réseaux routiers sans possibilité de s’affranchir de l’automobile. On doit donc développer davantage les structures du transport en commun et des modes alternatifs et actifs. Des projets comme le train électrique et le prolongement des lignes de métro seront sans doute des solutions marquantes, qui doivent s’accompagner de mesures soutenant les modes actifs et alternatifs. »

L’Équipe de recherche et les étudiants d’École polytechnique concentrent donc leurs travaux sur l’amélioration de l’ingénierie du transport.

Par Richard Marcil

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