Inventaire québécois des émissions de GES en 2016 – « Un grand défi » pour le secteur des transports

L’Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 2016, rendu public le 29 novembre dernier par le ministère de l’Environnement, confirme que le secteur des transports du Québec a connu un accroissement de 21,9 %, entre 1990 et 2016.

L’accroissement du parc automobile québécois, l’augmentation de la puissance, du poids et des accessoires des véhicules ainsi que la hausse du kilométrage parcouru fait en sorte que « réduire les émissions de GES du secteur des transports demeure un grand défi pour le Québec », conclut le Ministère.

Pour un changement de cap

Plus spécifiquement, le secteur des transports était responsable de 43 % des émissions de GES en 2016 alors que le transport routier, à lui seul, produisait 80,1 % des émissions du secteur, soit 34,4 % des émissions totales de GES.

Les émissions des camions légers sont passées de 3,6 à 8,0 Mt éq. CO2, c’est-à-dire une hausse de 125 % entre 1990 et 2016. Pendant la même période, les émissions provenant des véhicules lourds ont pour leur part augmenté de 171 %, passant de 3,6 à 9,7 Mt éq. CO2. Ces hausses sont du même coup liées à l’accroissement du nombre de véhicules lourds (40%) sur les routes depuis 1990.

Ce n’est la première fois qu’un document gouvernemental pointe du doigt le secteur des transports. En effet, en 2014, la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec avait pressé le gouvernement de l’époque à opérer un véritable changement de cap en adoptant notamment des objectifs de réduction de la consommation d’énergie par ce secteur.

Transformer le transport

À la lecture de ces chiffres, la gestion du transport routier doit se trouver au cœur d’une politique énergétique plus agressive. Professeure et chercheure à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), Sophie L. Van Neste a d’ailleurs invité le gouvernement du Québec à agir dès maintenant pour aider les entreprises et les citoyens à diminuer leur empreinte écologique.

« Les individus sont limités dans ce qu’ils peuvent faire et si l’État ne change pas les infrastructures, ne met pas d’incitatifs au marché, ne change pas la façon qu’on construit nos villes, c’est le citoyen qui fera ce qu’il peut. Il faut en fait que chaque investissement de l’État considère la question climatique », déclare Mme Van Neste, dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne.

Le Québec au 1er rang

Bien que l’Inventaire québécois des émissions de GES ne soit pas reluisant, le Québec occupe néanmoins le premier rang quant aux faibles émissions de GES, par rapport aux autres provinces canadiennes. Ainsi, il a produit 9,6 tonnes par habitant en équivalent de dioxyde de carbone, soit deux fois plus bas que la moyenne canadienne de 19,4 tonnes.

C’est la Saskatchewan qui affiche le pire bilan au pays, avec une moyenne de 66,4 tonnes par habitant. De 1990 à 2016, ses émissions ont augmenté de 70,1 %.

Par Alexandre Lampron

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