Le futur, c’est maintenant!

Je vous avoue que je suis vraiment emballé par le programme du prochain congrès de l’Association du camionnage du Québec, qui se tiendra du 4 au 6 mai prochain au Hilton Lac-Leamy à Gatineau. Le thème central, cette année : Saut vers le futur. Parmi les conférenciers invités, nul autre que le pdg de Nikola Motor, Trevor Milton, qui a récemment dévoilé son camion classe 8 tout électrique, le Nikola One.

Ce développement de solutions de remplacement du diesel me passionne comme peu de sujet ne l’on fait par le passé. Et je me rends compte que j’ai peut-être sous-estimé la rapidité du développement des technologies électriques.

Le développement des alternatives au carburant diesel, au cours de la dernière décennie, a été marqué par des pas en avant, mais presque tout autant de pas en arrière. Les technologies hybrides n’ont visiblement pas eu le résultat escompté, du moins en termes de pénétration de marché. Coûteuses, compliquées et souvent réservées aux organismes gouvernementaux qui avaient les « moyens » d’absorber les coûts d’achat et d’implantation de ces technologies, la motorisation hybride dans les camions moyens et lourds n’a pas connu la percée espérée.

La motorisation au gaz naturel a connu plus de succès, avec de beaux exemples de réussite en termes d’implantation auprès de certaines grandes flottes de camions, tant du côté du transport autoroutier, notamment chez le Groupe Robert et chez C.A.T. ici au Québec, mais aussi dans des applications plus spécifiques comme le transport de matières résiduelles, avec EBI en tête. Cette solution plus propre demeure néanmoins une motorisation au carburant fossile, un moteur à combustion.

Du côté des véhicules légers, le passage de l’hybride à la motorisation 100% électrique est véritablement en train de prendre son envol. Avec les Tesla, Leaf, Bolt, l’engouement pour l’ultime technologie verte semble s’accroitre de jour en jour. Mais jusqu’à tout récemment, j’avais de sérieux doutes sur d’éventuelles applications de la motorisation électrique pour les camions lourds. Ça, c’était avant de voir le projet de Trevor Milton, le Nikola One, et avant d’apprendre qu’ici aussi, au Québec, des percées technologiques importantes ont été accomplies.

Trevor Milton a présenté son éblouissant Nikola One, un tracteur futuriste doté de quatre moteurs électriques alimentés par des piles à hydrogène. 1000 chevaux, 2000 lb.pi. de couple, une autonomie pouvant atteindre les 2000 kilomètres, si Trevor Milton livre la marchandise promise, on assistera à une véritable révolution.

Ici au Québec, plusieurs entreprises de la chaîne d’approvisionnement haute technologie s’affairent à proposer moteurs, piles, composantes diverses nécessaires à la motorisation électrique, tant des véhicules légers que des camions lourds. Et voilà que l’entreprise québécoise Autobus Lion prend son élan dans la vente d’autobus scolaires 100% électriques, et travaille déjà à la construction d’un camion de classe 8 doté de ce même type de motorisation.

Jusqu’à tout récemment, je prévoyais qu’il faudrait encore une dizaine, sinon une vingtaine d’années avant de voir sur nos routes, dans plusieurs applications, des camions lourds à émission zéro. Tout comme pour les camions autonomes, j’estimais que ces beaux projets pouvaient être réalisables sur le plan technologique, mais peu adaptable à la réalité, du moins encore pour quelques décennies.

Eh bien, je pense devoir réajuster mes prévisions. La technologie a fait des bonds de géants au cours des deux dernières années. Et tout porte à croire qu’en ce qui a trait aux camions lourds électriques, le futur, c’est maintenant!

par Claude Boucher

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