Les Teamsters demandent la démission de Laurent Lessard

Le syndicat des Teamsters représente près de 4000 camionneurs qui sillonnent les routes du Québec quotidiennement. En Amérique du Nord, les Teamsters défendent les intérêts de 60 000 camionneurs. Notre point de vue privilégié sur l’industrie du camionnage, sur l’état des routes et sur les difficultés que vivent les routiers est sans égal

Mercredi dernier, Influence communication annonçait que la tempête qui a paralysé le Québec était l’une des nouvelles les plus médiatisées au cours des 48 dernières heures. C’est donc dire que les autorités étaient informées que la situation allait être difficile sur les routes du Québec.

Pourtant, le ministère des Transports (le MTQ) n’a pas jugé bon de mettre en place des équipes suffisantes, notamment pour déneiger l’A-13. On connait la suite des événements.

Hier matin, les allégations de la SQ à l’égard des routiers ont provoqué la colère du syndicat des Teamsters, des camionneurs et de nombreux autres observateurs de l’industrie du transport routier. Des commentateurs ont même trouvé ces accusations basses et révoltantes.

Au fil des entrevues données par le ministre Lessard, de nombreuses questions sont restées sans réponses, amplifiant la perception populaire que le politicien n’est pas en contrôle de son ministère.

Le syndicat des Teamsters demande donc au premier ministre Couillard de démettre Laurent Lessard de ses fonctions afin qu’on reprenne en main un ministère qui en a bien besoin.

Ainsi, en admettant au départ que le MTQ n’a pas fait le travail correctement, on reconnait du même coup que ces deux camionneurs étaient pris en aval du problème et n’en sont donc pas la cause.

Une chasse aux sorcières

Les deux camionneurs visés par la SQ doivent subir un stress considérable à l’heure actuelle. Quels sont les motifs qui peuvent justifier des accusations criminelles à l’égard de deux routiers qui, eux aussi, ont subi les conséquences de l’incurie du MTQ? Les allégations de la SQ sont d’autant plus inacceptables que les patrouilleurs n’étaient pas sur le terrain pour forcer ces routiers à déplacer leurs camions.

Le premier ministre Couillard doit donc ramener la SQ à l’ordre et mettre fin à cette chasse aux sorcières. Le gros bon sens l’exige!

Les routes du Québec et d’ailleurs sont, rappelons-le, le bureau des camionneurs. Nos membres et ceux qui ne sont pas syndiqués subissent, jour après jour, le stress inhérent à leur métier: routes en piètre état ou mal dégagées, exigences de livraison déraisonnables, comportement délinquant des automobilistes, horaires imprévisibles, détours et signalisation déficients, travaux routiers interminables, interdictions de circuler, etc.

À ce sujet, le syndicat des Teamsters a déposé un mémoire lors des consultations de la SAAQ en matière de sécurité routière.

Bref, on oublie trop souvent que les camionneurs contribuent à la santé économique du Québec malgré leurs conditions de travail difficiles. Si on ajoute à cela des prix élevés pour faire déplacer un poids lourd enlisé sur une route mal dégagée, cela peut facilement devenir une question de survie économique. C’est souvent deux, voire trois ou quatre semaines de salaires qui partent en fumée lorsque des camionneurs indépendants, comme c’est le cas ici, sont obligés de casquer pour déplacer leurs camions.

Rien n’indique également que les automobilistes pris à l’arrière auraient pu finalement se déplacer puisque là où les camions ne passent pas, les autres véhicules, plus petits, ne peuvent pas passer également.

Les autorités auraient intérêt à reconnaître les enjeux auxquels font face nos membres – et l’ensemble des travailleurs et travailleuses de l’industrie – et à aborder les problèmes sans chercher à montrer du doigt des gens qui travaillent fort chaque jour pour mettre du pain et du beurre sur la table de leurs familles.

Bref, le gouvernement doit prendre ses responsabilités.

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