L’inévitable évolution

Non, je n’ai pas connu les gramophones, mais je me souviens du petit truc en plastique qu’on mettait au centre d’un 45 tours pour l’écouter sur un pick-up. Et quelques décennies plus tard, j’ai plus de musique dans mon téléphone qu’il y en avait chez Sam The Recordman à Montréal. J’ai aussi connu les téléphones à cadran, ceux qui faisaient mal au doigt quand il y avait trop de 9 ou de zéro dans un numéro. J’ai longtemps résisté au téléphone intelligent, préférant mon flip-phone, jusqu’à ce que j’en aie assez de taper trois fois sur le même chiffre pour écrire le C de mon nom.

Je me souviens des transmissions à deux bâtons, des 5 vitesses Roxell, que j’ai mis bien du temps à comprendre. Et quand je parle à des vieux routiers, ils me racontent des histoires de planche de bois installée sur les deux sièges, parce qu’un « sleeper », à l’époque, ça n’existait pas.

Je me rappelle aussi de l’arrivée des « bud wheels », une vraie révolution comparée aux « spoke wheels » qui étaient loin d’être aussi balancées et sécuritaires. Je me rappelle aussi des canettes d’éther, indispensables pour partir un camion l’hiver. Des premières « glow plugs » qui les ont rendues inutiles avec le temps.

Comme plusieurs d’entre vous, j’ai usé bien des crayons HB avant de taper mes premiers devoirs sur une machine à écrire quand j’étais au secondaire. Quelques années plus tard, à l’université, Hewlett Packard et Apple m’ont permis de sauver bien du temps avec les premiers ordinateurs personnels.

Qu’on le veuille ou non, la Terre tourne, le monde dans lequel on vit évolue. Pas toujours comme on le voudrait, mais inévitablement, tout change. Face à ces changements, on se retrouve avec deux choix : regarder passer le train, ou monter à bord.

Moteurs électroniques, camions aérodynamiques, EGR, SCR, urée, filtres à particules, télémétrie, transmissions automatisées, diagnostic du moteur à distance, GPS… Je continue?

Avec l’arrivée de l’électronique à bord des camions et de la communication sans fil, l’univers du camionnage a complètement changé. Mais notre univers quotidien personnel aussi. Qui aurait pensé, il y a à peine 30 ans, qu’on aurait pu se parler et se voir d’un continent à l’autre, sur un téléphone? Ces changements radicaux, nous les avons tous bien intégrés dans notre vie personnelle. Mais quand nous sommes forcés d’intégrer de tels changements dans notre travail, on résiste.

Le journal de bord électronique, c’est un peu ça aussi. Déjà une réalité dans les entreprises qui l’ont adopté rapidement, il deviendra obligatoire sur les routes américaines en décembre prochain, et d’ici environ 18 mois au Canada. On peut pester, crier, sacrer, cette prochaine évolution est inévitable, comme toutes les autres.

Dans l’édition de novembre de Transport Magazine, nous vous présenterons un dossier sur le journal de bord électronique. Mythes, réalités, « fake news » et vérités, nous ferons le tour de la question, pour vous aider à l’adopter. Car que ça vous plaise ou non, c’est la prochaine évolution.

Par Claude Boucher

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