Métier : camionneur forestier

Lorsqu’on parle du métier de camionneur, on a souvent tendance à oublier qu’il y a autre chose que ceux qui sillonnent les autoroutes nord-américaines. Autre chose que ceux qu’on croise à Montréal ou à Québec. Parmi ces camionneurs parfois oubliés, il y a ceux qui passent une bonne partie de leur vie en forêt. Rencontre avec Marc Blouin, de St-Isidore de Clifton en Estrie.

Parmi les camionneurs forestiers, il y a ceux des grandes forêts publiques du nord, et ceux qui travaillent dans le sud. Marc Blouin fait partie du deuxième groupe. Propriétaire de sa propre compagnie de transport, Marc fait la collecte et la livraison de billots dans le sud-est de l’Estrie, près de la frontière du New Hampshire.

Même s’il n’y avait pas de camionneur dans sa famille, il a su très tôt qu’il ferait ce métier.

« Ç’a toujours été très clair dans ma tête, depuis mon enfance. À la fin de l’adolescence, je travaillais dans un moulin à scie, et je regardais les camions passer dans la cours, et je savais que c’était ce que je voulais faire. Le moulin avait ses propres camions, et on les déplaçait dans la cours, pour charger les planches. J’allais chercher une remorque, je l’amenais pour la charger, mais je faisais en sorte que ça prenne plus de temps, pour que je sois plus longtemps dans le camion. »

À 19 ans, dès qu’il a pu, Marc est allé chercher son permis de classe 1. Tout d’abord au volant d’un camion six roues pour la livraison d’eau pour les machineries de chantier, il passe ensuite à un camion de gravier et de déneigement, pour une compagnie qui faisait aussi du transport forestier.

« Comme j’étais jeune et sans expérience, ils n’osaient pas trop m’envoyer en forêt.  Mais tranquillement pas vite, ils m’ont confié le camion pour le bois, et j’aimais bien mieux le bois. C’est là que j’ai tout appris; transport de gravier, déneigement l’hiver, et transport du bois. »

C’est à ce moment-là qu’il attrape véritablement la piqure du bois. Après quelques années à travailler pour un transporteur, il achète l’entreprise et devient son propre patron.

Marc Blouin et son fils Gabriel

Liberté et indépendance

Peut-être influencé par l’État voisin dont la devise est « Live free or die », Marc Blouin a choisi de travailler avec une remorque b-train auto-chargeuse, donc équipée de sa propre chargeuse.

« J’aime autant opérer la chargeuse que le camion. Et c’est l’indépendance que ça te donne. Tu ne dépends de personne. Tu es plus libre de tes mouvements. Je ne suis pas patient, je n’aime pas attendre après les autres, pour être chargé et déchargé. Quand j’arrive au bois, je n’ai pas besoin d’attendre. Même chose quand j’arrive au moulin à scie. Dans la plupart des moulins, je peux me décharger moi-même. »

Et pour lui, pas question de prendre la grand-route, et de faire du transport général. La forêt, c’est son territoire.

Par Claude Boucher

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