Point de vue de l’éditeur – Des cônes oranges à l’année…

En circulant un peu partout au Québec, que ce soit sur des routes secondaires ou sur les autoroutes, en milieu urbain ou en milieu rurale, on retrouve une constante sur notre chemin, les cônes oranges sont de plus en plus présents. Jadis, il me semblait que les travaux de construction sur nos routes se réalisaient durant la saison estivale. Mais depuis quelques années, je crois que ce n’est plus vrai, les travaux routiers entravent la circulation presque 12 mois par an.

Il ne faut pas oublier qu’il y a de plus en plus de véhicules automobiles et lourds qui roulent sur nos routes. Entre l’an 2000 et 2014, le parc automobile du Québec est passé de 3 843 685 à 4 742 210, soit un hausse de 23%. Du côté des camions, des autobus et autres véhicules lourds, l’augmentation est de 25,7% alors qu’en 2000 on dénombrait 107 678 et que ce nombre est passé à 135 392 en 2014. Au total, le Québec comptait 4 660 987 véhicules alors qu’en 2014, il y en avait 6 240 266 ou 33.9% de plus. Malgré toutes les avancées du transport en commun, la popularité de la voiture ne cesse de battre des records.

Le réseau routier québécois dans son ensemble c’est plus de 185 000 km de routes dont quelques 31 000 km sont gérés par le Ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports (MTMDET). Les municipalités sont responsables de 92 000 km de routes alors que 60 000 km sont gérés par divers ministères provinciaux et fédéraux et par Hydro-Québec. Il faut ajouter à cela 11 000 structures diverses le long de ce réseau routier pour réaliser à quel point c’est un vaste réseau, celui qui coûte le plus cher au monde par capita, à cause de la vaste étendue du territoire et de sa faible densité d’occupation.

Et le fait que les conditions climatiques qui comprennent des écarts de température d’une extrême à l’autre, souvent en quelques heures et que le seul peut geler à des profondeurs de 1,2 `3 mètres pendant quelques mois par année selon les régions ne simplifie en rien son entretien. Mais des fois je me demande comment il se fait que certains de nos voisins (Ontario, New York, Vermont, etc.) semblent mieux y réussir que nous…

Cela étant dit, je ne peux quand même que me réjouir de l’annonce faite par André Fortin, ministre du MTMDET et la ministre déléguée aux Transport Véronyque Tremblay que le gouvernement du Québec allait investir tout près de 5 milliards de dollars pour la réfection du réseau routier au cours des années 2018, 2019 et 2020. Il s’agit d’une somme colossale mais est-ce assez pour vraiment répondre aux besoins criants d’un réseau gravement malade depuis plusieurs années?

Mais cette réjouissance pourrait être de courte durée et faire place à un stress si les 2 119 chantiers (dont 937 structures de tous genres) qui résulteront de tous ces travaux ne font que causer d’interminables bouchons de circulation… Je circule la fin de semaine et des fois il peut y avoir de nombreux chantiers causant de la congestion entre Montréal et Québec, par exemple, sans que je ne voie un seul employé de construction au travail. Si je prends le chemin de Montréal vers Toronto, sur la 401 les cônes sont déplacés aux abords de la route pour ne pas gêner les véhicules circulant la fin de semaine. C’est une idée que je suggère aux constructeurs de route du Québec qui profiteront de ces investissements, pour diminuer le stress des automobilistes, camionneurs et autres utilisateurs des routes.

Par Michel Lemelin, vice-président Groupe Pageau

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