Point de vue de l’éditeur – Élections 2018: quelle place pour l’industrie du camionnage?

À l’aube d’une nouvelle campagne électorale qui s’amorce au Québec, il y a lieu de se poser la question sur la véritable place que prend l’industrie du camionnage dans le débat sur la mobilité durable.

L’actualité regorge de manchettes qui parlent (trop?) souvent du transport en commun. Encore très récemment, en juin dernier, le Baromètre CIRANO 2018 faisait état que 83 % des Québécois sont non seulement favorables au développement des grands projets de transport en commun mais aussi y investir constitue le premier choix de société à prioriser selon eux pour favoriser la mobilité durable.

C’est connu : l’industrie du transport de marchandises par route représente près du tiers des émissions des transports au Canada. À l’heure où l’électrification prend de plus en plus de place dans l’actualité, il faudra prendre le taureau par les cornes et réduire les émissions des véhicules à motorisation plus classique tout en développant les technologies et les carburants alternatifs. En termes clairs, il faut faire de l’indépendance énergétique un objectif stratégique prioritaire visant une restructuration d’envergure pour notre industrie, et non seulement pour le transport collectif.

Une image à changer

L’industrie du camionnage ne dégage pas une image très reluisante. Des gros camions polluants, parfois même dangereux pour les autres usagers de la route, responsables en tout ou en partie de la congestion routière, bref, elle souffre d’une image passablement négative. Et c’est à nous qu’il revient de changer cette image.

Nous sommes déjà sur la bonne voie avec ce qui a été entrepris avec le gouvernement du Parti libéral du Québec (PLQ) de Philippe Couillard, notamment avec le dévoilement de sa Politique de mobilité durable, mais nous sommes très loin de la coupe aux lèvres. Le camion lourd était le moyen de transport de marchandises qui consommait le plus d’énergie en 2015 (55 %).

Le temps est venu pour le Québec de se doter d’orientations claires, modernes et visionnaires, et de les appliquer concrètement, et les acteurs clés des secteurs du transport et d’urbanisme doivent apporter des pistes de solutions réalistes et réalisables afin d’accélérer significativement la décarbonisation du transport par route des marchandises.

Heureusement, nous ne partons pas à zéro. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) notait, par exemple, dans un rapport rendu public en 2017 plusieurs scénarios de décarbonisation à long terme du secteur. Il suffit entre autres de penser à la consolidation des lots, l’optimisation des routes ainsi que la rationalisation des chaînes d’approvisionnement.

Le programme Écocamionnage, qui a été reconduit par le gouvernement du Québec jusqu’au 31 décembre 2020 en y allouant une enveloppe de 77,5 millions $, en provenance du Fonds vert, se veut également une excellente initiative, mais notre industrie doit se prendre en main afin de favoriser la mise en place d’autres programmes plus agressifs pour permettre, par exemple, l’acquisition et l’homologation de véhicules et de technologies avant-gardistes permettant la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) .

L’économie québécoise est sans aucun doute l’une des mieux placées au monde pour réaliser un changement de base énergétique. Il nous faut donc saisir cette opportunité.

Par Michel Lemelin, Vice-président Groupe Pageau

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