Point de vue de l’éditeur – Nos camions, ces mal-aimés

De manière générale, le secteur du transport fait mauvaise presse dans notre société. À regret, l’image de l’industrie subit souvent les contrecoups de virulentes critiques qui sont liées aux questions de sécurité, de mobilité et d’environnement, et la multiplication des réseaux sociaux n’a fait qu’empirer la situation au cours des dernières années.

Toutefois, ce que les adversaires les plus redoutables de notre secteur oublient de dire, c’est nos camions sont aussi des incontournables pour notre économie et dans notre économie. L’automobiliste bloqué dans la congestion, et qui critique les camions, doit se rendre compte avant toute chose que sa façon de consommer a un impact direct sur la demande de transport.

Les achats en ligne et le mode de consommation des fruits d’été en toute saison, pour ne prendre que ces deux exemples probants qui touchent la société québécoise, ne font qu’accroître cette demande. Et que dire de la logistique du « just in time », qui a contribué à augmenter significativement le nombre d’opérations de transport.

En d’autres mots, il faut souligner que l’industrie du camionnage est l’épine dorsale de l’économie du Québec et représente à elle seule 3,1 milliards $ en produit intérieur brut. Sans mouvement de marchandises, il n’y aura tout simplement pas de ventes de marchandises.

L’exemple du pont Mercier

Pourtant, en dépit des avantages de l’industrie du camionnage liés à une économie qui va bien, notre secteur est souvent la première à écoper en période de crise majeure. Il suffit, par exemple, de prendre la situation vécue au mois de juin au pont Mercier. Même si les camions ne représentent qu’environ 5 à 8 % de l’achalandage du pont, il a été décidé par le gouvernement du Québec de les interdire en heure de pointe durant l’été.

Pourtant, il devient important de rappeler, comme l’a fait l’Association du camionnage du Québec (ACQ), que le trafic des camions sur le pont Mercier n’est pourtant pas la cause de la congestion à la suite des travaux de réfection. Toutefois, c’est l’industrie qui en paie le prix parce que les camions sont les mal aimés de notre société.

De plus, il faut aussi se souvenir que les déplacements domicile-travail ont augmenté de 142 140, en nombre absolu, entre 2001 et 2016, pour se fixer à plus de 1,2 million de conducteurs dans la seule grande région de Montréal, selon un rapport publié en février dernier par la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM). Une augmentation est aussi notable dans la région de Québec.

L’industrie n’est pas parfaite, il faut le concevoir. Mais il faut comprendre que le Québec est une plaque tournante pour le transport de marchandises en Amérique du Nord. Il y a des milliers de camions qui y circulent chaque jour, chaque semaine, afin de fournir des biens essentiels aux commerces, et ce n’est pas près de s’arrêter.

Évitons de mettre systématiquement l’industrie du camionnage au banc des accusés en raison du nombre de camions qui se trouvent sur nos routes et en raison du fait, aussi, que certains chauffeurs conduisent dangereusement.

La tolérance est d’abord de mise.

Par Michel Lemelin, Vice-président Groupe Pageau

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