Point de vue de l’éditeur – Travaux routiers: notre patience mise à rude épreuve

Les nombreux chantiers de construction qui caractérisent les routes du Québec et qui paralysent de plus en plus nos déplacements risquent de causer encore de sérieux maux de tête aux usagers dans les années à venir.

Bien qu’ils puissent souvent paraître inter­minables, ces travaux routiers sont pourtant essentiels pour améliorer le réseau qui a grandement souffert d’un désinvestissement très marqué dans son entretien au cours des dernières années.

Ce désintérêt a eu pour effet que le Québec a accusé un retard considérable par rapport à la moyenne canadienne, un retard impor­tant qui a gravement affecté la productivité et la rentabilité de certaines entreprises. Il suffit seulement d’imaginer une économie avec des camions mais sans route pour bien imager la situation.

Une négligence qui coûte chère

Le Centre sur la productivité et la prospé­rité de HEC Montréal publiait d’ailleurs, en 2011, une étude pertinente selon laquelle cette négligence a fini par coûter très cher au Québec. En laissant ainsi se dégrader nos in­frastructures routières, les autorités ont non seulement ignoré les conséquences finan­cières d’un réseau de transport en mauvais ou très mauvais état pour les usagers de la route, mais aussi les coûts astronomiques liés à la réfection des routes endommagées.

Il ne faut toutefois pas s’en surprendre: le financement des infrastructures de trans­port, plus particulièrement celui des in­frastructures routières, se heurte à la rareté croissante des fonds publics. À la contrainte financière s’ajoute des exigences environne­mentales de plus en plus contraignantes.

À Montréal, par exemple, la construction du nouveau pont Champlain et la disparition de l’échangeur Turcot visant à faire place à une rue Notre-Dame transformée, moderne et digne du 21e siècle, ne régleront certes pas toute la problématique de la congestion. Ils permettront à terme de mieux s’attaquer à d’autres infrastructures vétustes, comme le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine et le pont Mercier, qui ont tous les deux un grand besoin d’amour.

La région de Québec n’est pas non plus à négliger puisqu’à Québec, la recherche d’une troisième voie liant la Capitale et la Ville de Lévis apportera aussi un lot de désagrément à ne pas prendre à la légère.

30 milliards $ depuis 2013

Pourtant, la situation semble lentement se résorber peu à peu.

Les montants alloués pour l’entretien des routes du Québec au cours des six dernières années, soit depuis la période 2013-2015, s’élève en tout à près de 30 milliards $, ce qui ne s’est évidemment pas fait sans consé­quence. Les embouteillages se multiplient sans cesse, parfois même allongés, et ce, au grand dam des automobilistes et des acteurs de l’industrie du camionnage, qui passent davantage de temps au volant.

Les chiffres tendent à nous donner raison, car une enquête de la firme INRIX a démon­tré que les usagers de la route qui circulent à l’heure de pointe dans la région de Mon­tréal passent en moyenne 50 heures an­nuellement dans la congestion routière. Les données pour 2017 d’INRIX plaçaient ainsi Montréal au 11e rang des régions les plus impactées en Amérique du Nord.

La patience sera donc une vertu à développer.

Par Michel Lemelin, Vice-président Groupe Pageau

Lisez l’article complet

Voir toutes les nouvelles du transport

Publicité