Premier Sommet canadien sur l’entretien de flotte – Plein feu sur les technologies

Les technologies, logiciels et appareils électroniques peuvent vous faire économiser considérablement, vous éviter des pannes, faire durer vos camions plus longtemps et rendre vos employés plus satisfaits. Mais comment choisir ces outils en fonction des besoins de votre entreprise et les utiliser à leur plein potentiel?

Ce sont quelques-uns des thèmes qui ont été abordés lors du premier Sommet canadien sur l’entretien de flotte, qui s’est tenue en marge d’ExpoCam à Montréal.

Pas moins de 13 conférenciers ont pris la parole dans le cadre du SCEF, organisé conjointement par le Groupe PIT, Newcom Business Media et avec l’appui de l’ACQ, de la SST et du Comité technique de camionnage du Québec. Mais on peut regrouper ceux-ci en deux grandes catégories : les produits et logiciels touchant principalement les aspects mécaniques de l’industrie des transports, et ceux qui encadrent ou modifient le travail de ceux qui se trouvent au volant de vos camions. Mais il ne faudrait pas considérer que « la machine » s’oppose aux humains; bien au contraire, un employé consciencieux et satisfait de son emploi sera habituellement prudent, usera moins son outil de travail et coûtera moins cher en carburant!

La lente adoption des essieux « intelligents »

La journée a débuté de façon technique avec les nouvelles technologies des essieux dit intelligents, délestables, dotés de capteurs pour s’adapter à la charge, qui ont été conçus pour réduire les pertes d’adhérence et diminuer tant la consommation de carburant que l’usure des pneus. Normand Bourque, ingénieur coordonnateur des dossiers techniques au sein de l’ACQ, a d’abord rappelé que les anciens essieux relevables disparaîtront en 2019 pour les citernes, et que les délestables ne sont pas considérés par les gouvernements comme des tridems, ce qui entraîne d’importantes pénalités de réduction de charge pouvant atteindre 8000 kilos.

« Le problème est qu’un groupe de trois essieux dont certains sont délestables ne correspond pas à la définition d’un tridem, où la différence de masse de chacun des essieux identiques ne doit pas dépasser 1000 kilos en tout temps. Les gouvernements ont peur de la fiabilité du système, qu’un essieu soit délesté accidentellement, qu’il soit modifié ou que cela interagisse avec les systèmes 6×2. »

En ce moment le MTQ serait ouvert aux discussions, poursuit ses recherches et pourrait accorder des charges équivalentes aux tridems à la condition que le chauffeur soit informé du nombre d’essieux au sol et de la charge réelle de chaque groupe (donc avec système de pesée et moniteur dans l’habitacle). Et l’Ontario, encore plus réticente à propos de cette technologie, serait favorable à l’orientation du ministère québécois.

Daniel Gagné de Meritor a présenté les aspects techniques de leurs essieux « intelligents », dont l’OptiRide, qui est le contrôle électronique de la suspension pneumatique, le TCSII et le RSS+. Sur un tracteur avec ensemble d’essieux 6×2, le système connu sous le terme ECAS (« Electronically Controlled Air Suspension ») gère la hauteur de l’un d’eux de façon autonome sans valve de suspension mécanique, sans réagir aux vibrations causées par la route, ce qui diminue l’apport d’air dans les ballons de suspension et, par conséquent, la consommation. Selon M. Gagné, l’ECAS s’adapte facilement à d’anciens camions, améliore la traction, est précis tout en conservant les capacités de freinage.

« Lorsqu’un capteur ABS détecte le survirage, l’ECAS peut transférer la charge de l’essieu trainé à l’essieu tracteur en modifiant la pression d’air des ballons jusqu’à une vitesse de 45 milles à l’heure. »

Le TCSII de Meritor est un contrôle de relevage d’essieu de remorque avec annulation automatique lors de certaines conditions. Si le module électronique des ballons détecte une pression supérieure à 35 psi, l’essieu demeure au sol, tout comme lors de l’activation des freins de stationnement.

Afin d’expliquer les particularités d’installation et d’utilisation de tels essieux, rien ne vaut le témoignage d’un utilisateur. Fabrice Verreault, contrôleur de la qualité du Garage François Thouin à Sainte-Anne-des-Plaines, a expliqué qu’ils ont installé ce système essentiellement pour diminuer l’usure des pneus de tracteur.

« On roulait à peine 80 000 kilomètres avec 8 de nos 12 pneus », souligne-t-il. La solution choisie, intermédiaire afin de ne pas avoir une pénalité trop importante de poids, a été de souder l’un des essieux et d’agir comme si c’était un tandem, avec une diminution plus acceptable de 1000 kilos. « Cela fait seulement un an que c’est installé, mais pour l’instant on peut dire qu’on n’a pas eu de problème et que les pneus usent moins vite. Par contre on n’a eu aucun « feedback » de nos chauffeurs, qui ne se rendent pas compte de la différence! À cause de ça on a installé un compteur sur roue supplémentaire pour s’assurer que l’essieu était bien en fonction », précise-t-il.

Par Frédéric Laporte

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