Le RAM 1500 Tungsten avec moteur HEMI – Lumineusement puissant

Ram a l’habitude de décliner sa populaire camionnette 1500 en plusieurs versions, de l’abordable ST aux luxueuses Big Horn et Laramie. Cette année le constructeur italo-américain se surpasse avec le Tungsten; un magnifique outil de travail en édition limitée qu’il serait bien dommage d’abîmer. Avec son puissant moteur HEMI de 5,7 litres nous avons parcouru quelque 2000 kilomètres à son bord, soit bien assez pour s’assurer de son confort et de son efficacité!

Joindre l’utile à l’agréable

Ayant des travaux à effectuer nécessitant de transporter de lourds outils et matériaux, j’espérais obtenir une bonne puissance en faisant la demande d’une camionnette RAM à FCA Canada. Mes désirs ont été amplement réalisés en recevant le RAM 1500 en version Tungsten, doté d’un moteur HEMI de 5,7 litres et d’une boîte automatique TorqueFlite à huit vitesses. Ce puissant camion en version limitée a roulé de Montréal à la Gaspésie en relevant tous les défis, et ce en brûlant moins de carburant que la fiche technique ne le laisse entendre.

Pensez à un accessoire pouvant être installé sur une camionnette et vous pouvez pratiquement être sûr que le RAM Tungsten peut en être équipé. Que ce soit les sièges ventilés à l’avant ou chauffants à l’arrière, la suspension pneumatique, les caisses de rangement latéraux RamBox, l’écran de navigation de 8,4 pouces avec radio numérique et système CarPlay d’Apple ou les éléments décoratifs harmonisés à la carrosserie nacrée, tout y est. Évidemment tout cela a un prix, soit 64 270 dollars de base, auxquels on ajoute entre autres 1995 $ pour l’édition Tungsten, 1425 $ pour le grand toit ouvrant, 1195 $ pour les boîtes, 495 $ pour l’attelage, 375 $ pour les freins de remorque, ainsi que 525 $ pour le différentiel autobloquant.

Une redoutable mécanique

Ce V8 HEMI de 5,7 litres produit 395 chevaux et 410 livres-pieds de couple, ce qui lui permet de tracter jusqu’à 4817 kilos ou 10 620 livres selon la version du véhicule choisie. Doté de la désactivation de la moitié de ses cylindres, ce puissant moteur se met alors à consommer autant qu’une berline dès qu’on stabilise sa vitesse sur l’autoroute. Et contrairement à la plupart des véhicules hybrides à brancher, dont le passage entre les modes de fonctionnement est facilement détectacle, il faut vraiment tendre l’oreille ou observer le tableau indicateur pour savoir que seulement quatre pistons sont alors utilisés.

Par contre d’autres facteurs favorisent également l’économie de carburant. En examinant sa calandre, son pare-chocs ainsi que son capot on se rend compte à quel point les ingénieurs de RAM ont réussi à créer une structure aérodynamique tout en lui conservant son aspect massif, puissant. Mais selon moi c’est la boîte TorqueFlite à huit vitesses qui concourt le plus à conserver le budget de carburant sous un seuil acceptable. Celle-ci fonctionne en mode séquentiel et passe ainsi rapidement d’un rapport à l’autre en n’utilisant pas les vitesses superflues. Vraiment agréable et efficace! Le véhicule emprunté, doté d’une large cabine d’équipe, comporte une cote de consommation gouvernementale de 11,5 litres sur l’autoroute et de 16,1 en ville. Pour ma part je roulais fréquemment à 10 litres, et ce à une vitesse excédant la limite affichée avec une cabine chargée jusqu’au plafond.

L’extra-résistant Tungsten

L’appellation de cette édition limitée provient de ce métal rare, découvert en 1781, dont le symbole chimique est W pour « Wolfram ». De tous les métaux le tungstène est celui qui possède le point de fusion le plus élevé, à 3422 Celsius, et la plus grande résistance à la traction à une température supérieure à 1650 Celsius. Il n’est pas étonnant, donc, que celui-ci soit employé pour des applications très spécifiques comme les filaments d’ampoules, les projectiles militaires et les pointes d’appareils à souder à l’arc TIG (« Tungsten Inert Gas » ou GTAW). Rare, on estime qu’il reste encore environ 50 ans d’extraction possible, et ce en fonction des 55 900 tonnes qui sont en ce moment produites annuellement. Cette rareté est comparable à celle du RAM Tungsten puisqu’il ne sera probablement pas de retour en 2019, selon le directeur des communications Daniel Labre, et que les derniers véhicules 2018 en stock disparaissent rapidement. Et à l’image du tungstène le RAM 1500 est particulièrement résistant puisque 80% de ces camionnettes vendues durant les 30 dernières années sont encore sur la route, par rapport aux 68% de Ford et 67% de Chevrolet, selon les données du constructeur FCA.

Après bien des kilomètres…

Seulement de longues heures passées au volant assurent de vérifier le confort des sièges, la visibilité générale ou le placement des commandes. Sur toute la ligne ce puissant RAM n’a pas déçu. Le système audio avec fonctions CarPlay d’Apple, la radio numérique SiriumsXM et Google Android Auto a bien fonctionné. Même les indications du GPS étaient bonnes dans le Bas-Saint-Laurent, et dites avec une voix agréable qui n’avait que rarement un étrange accent. La suspension pneumatique ne prenait que quelques secondes au démarrage pour s’ajuster, et diminuait la hauteur du véhicule sur l’autoroute dès que les conditions le permettaient. Le volant gainé de cuir, les sièges ventilés de cuir Natura Plus, ainsi que le pourtour du toit ouvrant en suède étaient du plus bel effet.

Adieu M. Marchionne

Écrire à propos d’un véhicule Fiat-Chrysler depuis le 25 juillet dernier, soit depuis le décès soudain du président Sergio Marchionne, oblige à reconnaître tout ce que cet homme intelligent et charismatique a pu apporter à la multinationale. Né à Chieti en Italie en 1952, il a immigré au Canada alors qu’il avait 13 ans. Doté des deux nationalités, l’homme parlait couramment l’italien, le français et l’anglais. Il a suivi des études en philosophie à l’Université de Toronto et obtenu à Windsor un baccalauréat en commerce ainsi qu’un MBA, en plus d’un diplôme en droit de l’Osgood Hall Law School. Avec un tel bagage académique, il n’est pas surprenant que Marchionne ait réussi l’association Fiat-Chrysler, alors que Mercedes-Benz avait échoué en 2007, de même que la firme Cerberus en 2009. Prenant les commandes de Chrysler cette même année, il a participé à son sauvetage avec les gouvernements canadien et américain, afin que la marque redevienne rentable à peine deux ans plus tard et rembourse ainsi ses prêts. Vêtu d’un éternel chandail noir et de jeans, Marchionne n’hésitait pas à prendre des décisions difficiles; à congédier tout ceux qui ne correspondaient pas à sa vision des affaires. En juillet il a été opéré à une épaule à Zürich en Suisse, et a rapidement démissionné de ses postes chez Ferrari, FCA, SGS et CNH à cause de complications médicales, qui devaient l’emporter quelques jours plus tard. Tous nos hommages, M. Marchionne.

Les apports italiens à la compagnie américaine sont évidemment nombreux, et concernent entre autres le RAM. Par exemple, son moteur EcoDiesel a été conçu par VM Motori, un motoriste qui appartient en partie à Fiat. Du côté des fourgonnettes de travail, un seul coup d’oeil sur leurs carrosseries permet de déceler les influences européennes : le ProMaster provient du Fiat Ducato, tandis que le compact ProMaster City est lié au Doblò Maxi. Sous son capot on retrouve un moteur doté de la technologie MultiAir, qui régit l’activation des soupapes de façon variable en fonction des besoins d’air de chacun des cylindres.

Et pour les années prochaines, malgré le décès de son président, plusieurs éléments d’intérêt s’annoncent, dont le retour d’une camionnette de taille intermédiaire. La remplaçante de la Dakota, disparue en 2011, devrait arriver en 2022 et correspondre aux besoins internationaux d’un camion d’une tonne. Pour l’instant, on ignore tout de ce futur RAM, qui se mesurera aux Colorado et Tacoma. Pour ce qui est de l’édition 2019 du RAM 1500, le moteur V6 reçoit un système hybride eTorque de 48 volts de série, tandis que le V8 l’optiendra en option. L’énergie captée durant le freinage est stockée temporairement dans une batterie au lithium, pour ensuite propulser le véhicule durant le démarrage suivant. Ce système améliorerait de 20% l’efficacité de la motorisation, tout en coûtant considérablement moins cher qu’un hybride conventionnel.

Si je peux mesurer l’attrait que ces véhicules possèdent en me fiant sur mon voisin retraité, qui bichonne son RAM âgé d’une vingtaine d’années comme si c’était l’un de ses enfants, la marque RAM a vraiment de belles années devant elle.

Par Frédéric Laporte

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