Remorques spécialisées – Les manufacturiers se surpassent!

De nos jours, les différents projets, qu’il s’agisse de chantiers de construction, miniers, ou encore d’infrastructure, commandent l’utilisation d’équipements plus sophistiqués, mais aussi beaucoup plus imposants en taille et poids. Pour mener à bien ces projets, le premier défi réside dans le transport de ces méga-équipements vers les différents sites. Dans bien des cas, on doit opter pour la fabrication de remorques sur mesure.

Les manufacturiers doivent donc se surpasser pour répondre aux exigences spécifiques de chaque commande. C’est le cas chez Témisko, l’un des leaders québécois dans le domaine.

« Notre usine doit être flexible et en mesure de s’adapter rapidement à la fabrication de chaque commande. Nous devons concevoir des produits qui peuvent être introduits dans nos chambres de jet de sable et de peinture notamment », nous confie Claude de Lachevrotière, citant en exemple les remorques dédiées au transport de pales d’éoliennes.

En août dernier, Témisko livrait le plus gros fardier de son histoire. Dotée d’une capacité de 130 tonnes, pesant 106 000 livres et long de 89 pieds, cet équipement impressionnant a été commandé par Baffinland Iron Mines Corporation.

« La longueur du fardier n’était pas extraordinaire en soi. Par contre, sa largeur excessive, avec un plateau principal de 16 pieds et des sections rabattables de 2 pieds de chaque côté, représentait le véritable défi, que nous avons brillamment relevé. Nous explorons le domaine minier depuis plus de deux ans maintenant. Notre objectif est de pouvoir offrir des solutions de transport aux compagnies minières du Grand Nord. »

Selon Claude de Lachevrotière, l’avantage de ce segment de marché réside ironiquement dans son éloignement.

« Ces équipements sont utilisés sur des routes privées, où il n’existe aucune restriction de charge. Tout est question de logique et de gros bon sens. Le poids des remorques n’est pas restreint. Nous sommes donc en mesure de maximiser tous les aspects de sécurité, en utilisant des composants plus solides, donc plus lourdes. Comme nous parlons ici de régions nordiques, où le mercure peut facilement atteindre -50°C, nous devons aussi prendre en considération ces conditions climatiques lors de la conception. Les systèmes hydrauliques, les boyaux, tout autant que les huiles, seront différents. Impossible d’envisager une suspension pneumatique; d’énormes suspensions à ressorts sont de mise dans de telles conditions. »

Les concepteurs de Témisko ont d’ailleurs dû revisiter un ancien client pour lequel ils avaient fabriqué une remorque forestière hors-normes, au milieu des années 1990. On désirait alors vérifier si l’équipement avait bien vieilli et comment certaines composantes, notamment les roues, se comportaient.

Fardier Témisko de 89 pieds, livré à Baffinland Iron Mines.

Autre tendance

Mais le plus long et le plus large ne constituent pas les seules tendances observées dans le marché. En effet, chez Deloupe, la demande pour des remorques à plateformes surbaissées semble être à la hausse.

« Avec des équipements à transporter de plus en plus volumineux, les clients sont aux prises avec des logistiques complexes. Les viaducs ne sont pas assez élevés sur nos axes routiers et les transporteurs doivent emprunter les routes secondaires, des détours coûteux en temps. Nous devons donc répondre à ces nouveaux besoins », nous explique Étienne Martin, représentant chez Deloupe.

L’entreprise ne se voit donc pas comme un fabricant de fardiers, mais plutôt comme un développeur de solutions de transport, adaptées aux équipements lourds.

« Les contraintes varient d’un client à l’autre. Dans certains cas, la hauteur constituera l’enjeu principal. Pour d’autres, ce sera la longueur », poursuit-il.

François Quirion, directeur de l’ingénierie, cite l’exemple d’un fardier à col de cygne ultra mince que Deloupe a dû concevoir pour le transport d’un concasseur plus long que la normale pour un client.

« Une partie de l’équipement devait être installée au-dessus du col de cygne. Nous l’avons aminci afin de respecter les contraintes de hauteur. En longueur, ce fardier atteignait plus de 70 pieds et son poids oscillait à près de 90 000 livres. »

Évolution

Parce que les équipements qu’ils doivent transporter sont de plus en plus volumineux, les fabricants de fardiers doivent s’adapter rapidement.

« Nos produits font l’objet d’améliorations techniques au niveau des configurations, pour optimiser la distribution de la charge sur les différents essieux. Des rallonges de plateau ont aussi été nécessaires, notamment pour répondre à la complexité du transport des nouvelles machineries forestières. Ces rallonges permettent dorénavant un chargement frontal plus facile. Nos fardiers sont modulaires et peuvent évoluer au fil du temps. Il est possible, en fonction de l’évolution des besoins, d’ajouter des accessoires comme un quatrième essieu à l’arrière ou un dolly à l’avant, par exemple », explique Étienne Martin.

Par Richard Marcil

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