Salon de l’auto de Montréal 2019 – Les camions légers submergent le marché

Montréal – Les salons de l’auto mondiaux sont plus qu’une occasion pour les amateurs de voir et de toucher les véhicules qu’ils souhaitent acheter; ils reflètent les décisions politiques et administratives des constructeurs et des gouvernements concernés. L’événement montréalais, présenté du 18 au 27 janvier 2019, ne fait pas exception et a montré un marché scindé en deux. En voici plusieurs nouveautés, avec un accent sur les véhicules à vocation professionnelle.

Le choix des véhicules présentés au Palais des congrès a été profondément marqué par deux importantes annonces corporatives qui ont reçu peu d’attention de la part des médias et du public en général. Ainsi Ford annonçait en avril 2018 qu’il cessait la production des autos Fiesta, Focus, Fusion, Taurus et C-MAX, pour se concentrer sur les rentables et populaires camions légers. GM faisait de même en novembre dernier avec l’abandon de l’Impala, de la Cruze, des Cadillac XTS et CT6, de LaCrosse ainsi que de la Volt. Vraiment, ce que l’on connaît des autos de parc en sera profondément transféré. Ces décisions ont également fait en sorte que les constructeurs coréens et japonais – qui occupent une grande place au salon de Montréal en fonction du nombre de véhicules vendus par année – ont rivalisé d’efforts pour se présenter comme les champions des petits véhicules et autos. Que les marques américano-italiennes (GM, FCA et Ford) ont surtout présenté des camionnettes et des VUS. Et que les constructeurs européens ont adopté une position intermédiaire, souvent performante et luxueuse.

Gladiator et RAM

Au centre du kiosque FCA trônait sur une plateforme rotative un nouveau véhicule d’un rouge étincelant : impossible de manquer le Jeep Gladiator 2020! Basé sur le Wrangler, doté d’un toit décapotable, de portes amovibles et disponible en version Rubicon, cette camionnette intermédiaire offrira des performances hors-route impressionnantes avec ses essieux Dana 44 et ses pneus de 33 pouces. Un V6 à essence Pentastar ou un turbodiesel de 3,0 litres offriront une capacité de remorquage atteignant 7650 livres.

Autour du Gladiator apparaissaient quelques camionnettes RAM : la nouvelle 1500 et l’actuelle 2500. Selon un représentant consulté, parce que le Salon de Détroit avait lieu quelques jours auparavant FCA n’avait pas amené à Montréal la nouvelle version du 2500, restée là-bas. L’an prochain cette excuse ne tiendra plus puisque l’événement américain se tiendra dorénavant en juin, donc des mois après l’incontournable CES de Las Vegas qui accapare de plus en plus l’industrie en début d’année. FCA offre en ce moment le 1500 « Classic », plus abordable et le nouveau 1500, disponible en six versions du Tradesman au Limited, qui attirait l’attention des visiteurs. Son V6 Pentastar est doté de série de la technologie eTorque, que son V8 Hemi peut obtenir en option. Cette technologie ajoute un couple supplémentaire au démarrage atteignant 90 livres-pieds pour le V6 et 130 pour le V8 afin d’en diminuer la consommation sans la complexité, le coût et le poids de motorisations hybrides ou diesels.

GM se transforme

L’espace General Motors reflétait les récentes décisions administratives du constructeur en faisait une large place aux camions légers, par exemple le nouveau Silverado HD, le Sierra 1500, le Colorado, le Canyon, le nouveau Blazer et le Traverse. Incliné sur des pierres en hauteur le Sierra Denali et son moteur V8 EcoTec de 6,2 litres avec boîte automatique à 10 vitesses avait fière allure. Mais c’est probablement son hayon MultiPro, à l’arrière, qui attirait l’attention des amateurs. Celui-ci s’ouvre sur presque toute sa longueur pour créer un pratique marchepied. Du côté de la camionnette intermédiaire Colorado, pas moins de trois moteurs sont offerts : un 4-cylindres de 2,5 litres, un puissant V6 de 3,6 litres produisant 308 chevaux et 275 livres-pieds de couple, ainsi que le turbodiesel Duramax de 2,8 litres, doté d’un couple de 369 livres.

Du côté des autos, la Volt était encore présente en retrait à l’arrière. Selon un représentant du constructeur à cause de son abandon il n’y aura plus d’automobile avec cette technologie hybride à brancher. Cette motorisation remarquable se retrouvera éventuellement sous le capot de VUS, dans des modèles qui ne sont pas encore annoncés. Mais pour GM les chiffres parlent et ses deux véhicules les mieux vendus au Québec en 2018 sont le Sierra avec 11 418 exemplaires et le Silverado avec 7761, dépassant de loin le Buick Encore, à 3777, et le Terrain, à 2934. Seule la Cruze, avec 6355 ventes, redore un peu le blason des autos, même si elle disparaît bientôt.

Année après année le Silverado demeure l’une des grandes camionnettes les plus populaires, disponible en huit versions du WT noir au luxueux High Country. Crédit: Frédéric Laporte

Ford carbure au F-150

Le grand kiosque Ford montrait sous toutes ses formes les camionnettes F, appartenant à la série la plus vendue au pays depuis 53 ans! Même avec un recul des ventes l’an dernier au Québec de près de 2000 exemplaires le Ford dépasse de plus du double son plus proche concurrent, avec 23 481 camions vendus. Avec l’addition du diesel PowerStroke de 3,0 litres, il y a maintenant six moteurs qui peuvent prendre place sous le capot d’un F-150. Trois de ceux-ci comportent la technologie EcoBoost, soit le compact 2,7 litres, le V6 de 3,5 litres et celui de 3,5 à haut rendement de 24 soupapes. Sans oublier le V6 atmosphérique de 3,3 litres et le V8 de 5,0 litres pouvant recevoir un ensemble pour le gaz naturel comprimé et le propane. Du côté du Super Duty ce sont les V8 de 6,2 litres et diesel PowerStroke de 6,7 litres qui règnent en maître, ce dernier produisant 450 chevaux et 925 livres-pieds de couple. Notons que des trois constructeurs américains, Ford a été le seul à présenter une fourgonnette de travail : un Transit Connect. Et que son Ranger intermédiaire, placé à l’arrière, mériterait davantage d’attention avec sa motorisation efficace qui lui confère les meilleurs remorquages et charge utile de la catégorie. Son EcoBoost de 2,3 litres produit 270 chevaux et 310 livres-pieds de couple, associé à une boîte à 10 vitesses et à l’arrêt automatique du moteur.

Après des années d’attente le Ford Ranger arrive avec un moteur EcoBoost de 2,3 litres produisant 270 chevaux et 310 livres-pieds de couple. Crédit: Frédéric Laporte

Encore des compacts

Le Québec est et demeure le territoire des véhicules compacts, ce que le salon de Montréal reflète à la perfection. Année après année ce sont les Honda Civic, Toyota Corolla et Hyundai Elantra qui demeurent les plus vendues ici à quelque 15 000 exemplaires chacun. Chez les utilitaires les trois champions sont les Honda CR-V, Toyota RAV4 et Nissan Rogue, à quelque 12 000 ventes, devançant de près du double les Mazda CX-5, Ford Escape, Hyundai Tucson et VW Tiguan. Les camions légers sont si populaires qu’ils atteignent au Québec 283 373 exemplaires, loin devant les 167 593 autos vendues l’an dernier. Nos routes accueilleront de plus en plus de courts utilitaires tels que les nouveaux Hyundai Kona, Mazda CX-3, Nissan Kicks et Subaru CrossTrek.

Puisque les Américains produiront moins d’autos, les entreprises pourront se tourner par exemple vers la Nissan Altima qui propose pour la première fois une traction intégrale de série. Le constructeur franco-japonais s’est même amusé à en présenter une version à chenillettes, l’Altimate, sur un présentoir de neige artificielle. Qui aurait pu dire il y a quelques années que Chrysler allait être le constructeur américain connu pour ses autos et ce grâce à Fiat. Et que les Coréens, par exemple avec le Hyundai Kona, nommé utilitaire de l’année, allaient proposer un véhicule électrique doté d’une autonomie de 415 kilomètres!

Par Frédéric Laporte

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