La sécurité routière, l’affaire de tous

On a beau connaître depuis plusieurs années des bilans routiers de moins en moins lourds au Québec, je suis de ceux qui croient qu’on peut toujours faire mieux. Et c’est vrai du côté des entreprises de camionnage et des chauffeurs.

Malgré le professionnalisme et la vigilance dont fait preuve la très grande majorité des transporteurs et de leurs chauffeurs, les exceptions ont malheureusement un impact sur tous, et place régulièrement l’industrie sous les projecteurs des médias généralistes.

Cela dit, les gens de l’industrie le savent très bien, un grand nombre d’accidents impliquant les véhicules lourds ne sont pas dus à la négligence ou l’imprudence des camionneurs ou de leurs patrons, mais plutôt à celles des autres usagers de la route. Il ne se passe pas une journée sans qu’on voit sur la route des automobilistes qui effectuent des manœuvres imprudentes (pour ne pas dire pire…) près d’un camion lourd. Combien de camionneurs se font couper parce qu’un automobiliste trop pressé ne veut pas rater sa sortie d’autoroute, ou qu’il se faufile dans la circulation, réduisant à néant l’espace devant le camion?

D’autres usagers de la route doivent aussi être sensibiliser : vélos et piétons doivent apprendre à se comporter de façon plus sécuritaire près des poids lourds. Aucun mécanisme de protection, aucun système de détection des angles morts ne viendra remplacer la prudence de ceux qui ont le plus à perdre, les usagers qu’on appelle aussi plus vulnérables.

Mais la récente tempête de neige interpelle un autre joueur important dans la sécurité routière : celui-là même qui impose règles et amendes lorsque les usagers de la route ne respectent pas le Code de la sécurité routière. Le cafouillage lors de la forte tempête que nous avons connu en mars, non seulement sur l’autoroute 13 mais ailleurs aussi au Québec, illustre bien un manque de préparation des gouvernements provincial et municipaux pour assurer en tout temps la sécurité sur le réseau routier. Et je ne parle pas ici de l’intervention trop tardive sur la 13, mais de l’ensemble des mesures entourant cette chute abondante de neige.

Et que dire de la signalisation souvent tardive ou défaillante aux abords de certains chantiers de construction? Des détours souvent mal indiqués et parfois même impraticables pour les véhicules lourds? Ou de bretelles et carrefours giratoires mal conçus pour la circulation des poids lourds? Ou encore des routes dans un état si délabré qu’il devient hasardeux d’y circuler? Je pense entre autres à certaines rues de Montréal où les nids de poule ne sont plus réservés au printemps mais sont devenus tout simplement permanents.

Loin de moi l’idée de rejeter toute la faute sur le ministère des Transports, la SAAQ ou autres intervenants. Mais alors que s’est entamée au Québec une grande réflexion sur les changements et mises à jour à apporter au Code de la sécurité routière dans le cadre d’une grande consultation publique, j’estime que cette réflexion doit aussi se faire au niveau des instances gouvernementales.

Lisez l’éditorial complet dans l’édition d’avril 2017

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