Trump

J’ai cherché un titre plus accrocheur à mon éditorial, mais je crois que ce simple nom suffit! Avec notre économie, et par le fait même notre politique, fortement influencée par nos voisins américains, il ne fait aucun doute que l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche aura des impacts sur l’industrie du camionnage en Amérique de Nord et au Canada. Mais quels impacts?

Soulignons tout d’abord que Donald Trump avait reçu l’appui des grands de l’industrie du camionnage aux États-Unis. Qu’est-ce qui peut les avoir motivés à donner cet appui? Deux principaux points : la production industrielle et la règlementation.

L’industrie américaine du camionnage est fortement tributaire de la production de biens aux États-Unis. Plus les entreprises américaines produisent des biens, plus le transport de ces biens devra se faire par la route. Le protectionnisme affiché de Donald Trump est donc un attrait évident pour les grands transporteurs américains.

Du côté de la règlementation, Donald Trump s’est fait le grand défenseur d’une réduction de l’intervention de l’état. Il a notamment marqué le coup en nommant à la tête de l’EPA, l’agence qui a imposé des normes et restrictions importantes au camionnage, une personne qui a à maintes reprises émis des doutes sur l’impact réel de l’activité humaine sur le réchauffement de la planète. Or, quand on sait qu’au cours de la dernière décennie, les transporteurs ont dû encaisser coup sur coup des normes de plus en plus strictes en matière d’émissions polluantes, le discours de Donald Trump devenait alléchant.

On peut aimer ou pas Donald Trump, et personnellement, il est loin d’être mon préféré, mais il faut reconnaître qu’il a touché une corde sensible de l’électorat des travailleurs américains. Durant les deux dernières administrations, tant républicaine sous Bush que démocrate sous Obama, la production de biens aux États-Unis et la propriété même des infrastructures de production sont passées dans les mains d’entreprises étrangères. Et même les entreprises américaines, grâce aux divers accords commerciaux internationaux, ont fortement déplacé leur production à l’étranger, notamment au Mexique. C’est le cas notamment de deux constructeurs de camions aux États-Unis, et non les moindres : International et Freightliner. Si l’on regarde froidement la situation actuelle dans la construction de camions, Freightliner, Western Star et Fuso sont propriété de l’allemande Daimler, Volvo et Mack du groupe suédois Volvo Trucks, Navistar est toujours majoritairement américaine mais Volkswagen ne cache pas son intérêt et a pris un pourcentage notable d’actions dans le constructeur.

Sur le strict plan de la production de camions et composantes, toutefois, mis à part la production de certains modèles au Mexique, l’américanisation de la fabrication de camions, même de la part des constructeurs européens, s’est accentuée au fil des ans. Les moteurs et transmissions Detroit, bien que découlant des technologies de Mercedes, sont fabriqués aux États-Unis. Il en va de même du côté de Volvo et Mack.

Donald Trump, avant même de s’installer sur le trône, a mis en garde les fabricants d’automobiles importées, les menaçant de droits douaniers qui ne respectent pas les accords commerciaux internationaux. Plusieurs ont rapidement réagi avec des annonces de nouveaux investissements en sol américain, notamment GM. Fera-t-il de même avec les constructeurs de camions lourds? Et son protectionnisme à l’égard du Mexique aura-t-il des répercussions avec son autre partenaire de l’ALENA, le Canada?

Les inquiétudes des entreprises canadiennes sont fondées. Vont-elles se concrétiser? Aucun doute, l’année 2017 sera, pour le moins, intéressante!

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