Véhicules légers – Honda Clarity Touring: une hybride à brancher de choix

Le constructeur japonais revient de loin avec sa Clarity 2018 : après avoir présenté la première voiture hybride au Canada en 2009, il y a bientôt 20 ans, on ne peut pas dire qu’Honda ait ensuite obtenu beaucoup de succès avec ce type de motorisation. Mais la récente Clarity, offerte ici avec un moteur à essence jumelé à un système électrique à brancher, est franchement intéressante, désirable même. Lisez ce qui suit avant de vous procurer une autre auto conventionnelle.

Si vous observez rapidement la Clarity il y a de fortes chances que vous la pre­niez pour une Accord, à moins d’exami­ner l’arrière de la berline japonaise, plus angulaire. Ceci est une bonne chose, et une mauvaise en même temps : les deux accueillent confortablement cinq personnes, elles sont silencieuses et agréables à conduire. Mais la première vous permet de rouler environ 80 kilo­mètres sans brûler une goutte de car­burant avant que son moteur à essence ne prenne la relève. Et vous procure une subvention à l’achat non négligeable de 8000 dollars au Québec. Par contre si vous pensiez attirer l’attention avec cette berline électrique de belle apparence, contrairement à une Tesla, à une Volt ou à une Prius, la plupart des gens ne re­marqueront rien de spécial.

Contrairement à d’autres endroits où on offre la Clarity avec une motorisation à hydrogène ou entièrement électrique, ici seule l’hybride rechargeable est offerte. Il s’agit d’un choix sensé. Cette version vous évite la hantise de la panne puisque son réservoir à essence se remplit en quelques instants dans toute bonne sta­tion-service, mais vous offre également la possibilité de rouler des jours durant sans en brûler une goutte à la condition d’avoir accès à une prise électrique, que ce soit à votre travail, durant votre heure de dîner ou devant vos commerces pré­férés. Et ceci est de plus en plus facile puisque le réseau provincial de bornes, en croissance, compte environ 1250 sta­tions publiques, sans oublier que le prin­cipal endroit de recharge demeure le do­micile des gens et sa bonne vieille prise de 120 volts.

Peut-être une borne de 240 volts…

Si vous avez accès à une borne de 240 volts, comptez environ 2,5 heures pour recharger complètement sa batterie de 17 kilowatts-heure. Ceci est probable­ment la meilleure solution puisque la prise domestique nécessite 12 heures pour le faire, ce qui est long. Et comme le gouvernement du Québec subventionne également l’achat et l’installation de ces bornes, la décision est d’autant plus fa­cile à prendre. Pour ce qui est de la re­charge de 400 volts, celle-ci n’est pas offerte pour ce véhicule, justement parce que la Clarity comporte un réservoir d’es­sence et une autonomie comparable à beaucoup d’autos.

Puissance correcte

Avec sa puissance combinée de 212 chevaux et 232 livres-pieds de couple reliés aux roues avant, vous ne déroule­rez pas l’asphalte comme lors d’anciens dessins animés. Mais cette traction est néanmoins suffisante. Et elle montre que le constructeur a fait le choix judicieux d’offrir un véhicule avec une bonne au­tonomie, un habitacle confortable et un prix de vente encore abordable, contrai­rement à une Chevrolet Bolt ou à une Tesla, par exemple. C’est qu’une batterie au lithium imposante, cela coûte cher, en plus d’être de plus en plus long à recharger, ce qui ne correspond pas né­cessairement aux besoins de la plupart des conducteurs.

Trois modes de fonctionnement

Afin d’obtenir le meilleur rendement – mais également un sentiment de sporti­vité – le conducteur de la Clarity devrait conduire différemment d’une voiture conventionnelle. Il peut d’abord choisir entre les modes de fonctionnement Normal, Econ (omie) et Sport. Dans le premier cas le véhicule oscille entre les deux types de motorisations pour offrir de bonnes réactions et une excellente consommation gouvernementale de 2,1 litres aux 100 kilomètres. Dans le se­cond cas seul l’électrique intervient pour maximiser l’efficacité sans essence, mais au détriment des accélérations, ce qui est l’opposé du mode Sport. Enfin l’utilisateur peut appuyer sur le bouton de recharge durant quelques instants afin que, sur l’autoroute par exemple, le moteur à essence fasse avancer le vé­hicule en plus de recharger la batterie. Ceci est intéressant puisque le moteur à combustion est à son meilleur sur de longs trajets, et que l’électrique brille en ville. Enfin cette Honda comporte des palettes au volant, dont celle de gauche provoque le freinage regénératif. Avec un peu de pratique il est possible d’augmen­ter sensiblement l’autonomie du véhicule en ville, et je suis même parfois arrivé à destination avec une indication d’au­tonomie aussi élevée qu’au moment de prendre le volant! Malgré le fait que le test se soit déroulé durant une semaine à la fin de l’hiver, donc en utilisant le chauffage et les sièges chauffants, l’au­tonomie électrique obtenue dépassait celle publiée, et cela aurait été encore meilleur par temps plus clément.

Un petit moteur à essence

La Clarity comporte un moteur à essence de 1,5 litre à cycle Atkinson, qui est donc sensiblement le même que celui de la petite Fit, mais sans ce cycle favorisant l’économie au détriment de la puissance par rapport au conventionnel Otto. Di­sons simplement que la Clarity n’est pas à son meilleur en fonctionnant avec du carburant avec ce moteur produisant 103 chevaux, qui se fait rapidement bruyant dès qu’il est un peu sollicité : son conducteur a tout intérêt à favori­ser l’électricité, offrant immédiatement un bon couple de 232 livres-pieds et 181 chevaux de puissance, un fonction­nement silencieux ainsi que le maximum d’économie à la pompe.

Un moteur à essence de 1,5 litre à cycle Atkinson s’ajoute à l’électrique, produisant à lui seul 232 livres-pieds de couple et 181 chevaux de puissance.

Programmation de la température et autres douceurs

La Clarity hybride rechargeable n’est offerte que dans deux versions passablement équipées. La Touring à l’essai ajoute pour environ 4000 dollars de plus quelques options : le système audio avec affichage de huit pouces doté de la navigation et de la reconnaissance de la voix, les sièges et le volant recouverts de cuir, la radio SiriusXM, ainsi que le système Homelink de gestion sans fil d’une porte de garage. Sinon les deux offrent le même niveau élevé de confort, une apparence similaire avec des roues d’alliage de 18 pouces, ainsi que des caractéristiques de sécurité souhaitables dont les systèmes de régulateur de vitesse adaptatif, de surveillance des voies, d’angles morts, de stabilité et quantité de coussins gonflables. Notons également que la température de l’habitacle peut être ajustée avant d’y prendre place, ce qui est appréciable durant les plus froides journées de l’année alors que l’auto est encore connectée au mur.

Le tableau de bord de la Clarity est dégagé et relativement facile à utiliser malgré la quantité de fonctions à choisir, dont les modes Sport, Econ, Normal et de recharge fournie par le moteur à essence.

Tenue de route et habitacle soignés

Le conducteur de la Clarity ne sera pas dépaysé s’il connaît déjà les produits Honda : son habitacle est fonctionnel et doté de nombreux espaces de rangement, ses sièges, confortables, et ses commandes, rapidement compréhensibles. Son coffre, d’un volume de 439 litres, n’a pas trop souffert de l’imposante batterie placée sous le plancher. Par contre le passage située entre le coffre et l’habitacle est étroit, angulaire, et nuit au placement d’objets encombrants. L’auto est offerte avec une extension électrique de bonne longueur pour la recharger dans une prise domestique.

Au volant la tenue de route est en général saine, même si l’on perçoit que le véhicule n’est pas léger avec ses 1843 kilos. La direction est précise, les bosses, bien estompées, et la visibilité, généralement bonne, sauf à l’arrière, ce qui est compensé par la caméra de recul. On regrette que le réservoir d’essence ne recueille que 26,5 litres, ce qui en dit long sur la principale source d’énergie de la Clarity : l’électricité.

En bref Honda offre enfin un véhicule hybride électrique à brancher intéressant. Confortable, doté d’une bonne autonomie entièrement électrique avant que son moteur à essence ne prenne la relève, la Clarity pourrait bien être la berline que vous attendiez. Pour un représentant sur la route qui veut faire bonne impression en plus d’économiser une petite fortune en carburant, son essai a de fortes chances d’être concluant.

Par Frédéric Laporte

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