Vérification des loquets d’interverrouillage sur les poids lourds – La CNESST veut prévenir la répétition du drame d’août 2016

Après le dépôt de son rapport et la conférence de presse à propos de l’accident ayant causé la mort du camionneur Gilbert Prince sur l’autoroute Métropolitaine le 9 août 2016, la CNESST incite fortement les propriétaires et utilisateurs de tels réservoirs à effectuer des vérifications mécaniques afin de s’assurer qu’un tel drame ne se reproduise pas.

Suite à la publication d’un article portant sur la conférence de presse donnée par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail le 21 juin dernier, les membres de la CNESST ont contacté Transport Magazine afin de nous demander d’effectuer un suivi préventif pour éviter que d’autres utilisateurs de citernes semblables ne subissent le même sort. Parmi les causes de l’accident qui a coûté la vie au camionneur Gilbert Prince, les inspecteurs Simon Boily et Alain Lajoie pointent entre autres du doigt un loquet d’interverrouillage en mauvais état qui a provoqué l’arrêt automatique d’un camion appartenant à Bombardier.

Le panneau derrière lequel se trouve le matériel de pompage du camion citerne était retenu par un loquet défectueux, qui a imposé le freinage d’urgence du véhicule alors qu’il circulait sur l’autoroute Métropolitaine. D’autres camions suivaient à faible distance et ont également dû freiner brutalement, et c’est le quatrième qui a finalement pris feu en entrant violemment en collision avec une plateforme.

« Nous n’avons pas de chiffres exacts sur le nombre de camions citernes équipés d’un tel système de loquet d’interverrouillage, mais nous en avons trouvé quelques-uns. En ce moment il y a des camions sur la route qui ont ce dispositif sans même que leur chauffeur ou leur propriétaire sache leur présence », souligne Alain Lajoie. Fait à noter, le camion de Bombardier numéro 3452 avait passé avec succès les différents tests pour se conformer aux normes en vigueur, ce qui ne l’a pas empêché de subir ce freinage d’urgence alors qu’il se dirigeait vers l’Est de Montréal justement pour y être entretenu.

« La présence de ce dispositif qui applique les freins d’urgence si une porte s’ouvre ne pose pas problème s’il y a moyen de le désactiver à partir de la cabine. Ou il pourrait y avoir un dispositif de contournement qui l’empêcherait de fonctionner si le camion circule à plus de 50 kilomètres-heure, par exemple comme c’est le cas sur la voie publique », poursuit-on.

Du côté de l’Association du camionnage du Québec, Axel Rioux, conseiller aux communications, précise après avoir consulté ses collègues : « Après l’accident et le rapport qui a été produit, nous n’avons pas trouvé parmi nos membres de camions citernes qui ont ce dispositif d’arrêt automatique. En passant, Bombardier ne fait pas partie de nos membres. Donc il se peut qu’il y en ait, mais nous n’en avons pas trouvé. »

Pour d’autres types de camions

La CNESST met également en garde les propriétaires et conducteurs d’autres types de poids lourds dotés de semblables loquets d’interverrouillage.

« Il y a d’autres camions que peuvent avoir un système semblable, par exemple ceux avec un garde-corps rétracté ou avec une barre de protection qui sert lors d’un remplissage. Si le commutateur fait défaut sur la route, un freinage d’urgence pourrait se produire. L’important est de comprendre que les propriétaires peuvent agir dès maintenant; ils ont intérêt à faire la démarche eux-mêmes en s’assurant que tout fonctionne correctement, qu’il y a un mécanisme de désactivation et que leurs chauffeurs sont correctement formés », ajoute la CNESST.

Par Frédéric Laporte

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