La Volvo S90 avec pilotage semi-automatique – Presque sans les mains!

Le constructeur Volvo nous a habitué depuis longtemps à des technologies de détection des objets entourant un véhicule, lui qui présentait dès 2004 le système BLIS (Blind Spot Information System). Pour l’année-modèle 2018, les luxueux XC90, V90 et S90 offrent le « Pilot Assist », un système de conduite semi-autonome. Nous avons testé pour vous de Laval à la Gaspésie la berline en version allongée S90, qui a réussi à faire paraître l’autoroute 20 pas mal moins ennuyante!

L’idée qu’un véhicule puisse conduire seul sans être contrôlé par un être humain n’est pas nouvelle, et quantité de films de science-fiction en ont mis en scène. Nous n’avons ainsi qu’à repenser à la série télévisée Knight Rider, qui mettait en vedette l’automobile KITT, une Pontiac Trans Am 1982 « intelligente ». Depuis peu, de luxueuses Tesla et Mercedes-Benz offrent ce genre de pilotage. Volvo va probablement rendre graduellement plus accessible cette technologie de pointe.

La fonction Pilot Assist, comme son nom le laisse deviner, ne remplace pas entièrement le conducteur. Elle prend simplement le contrôle du volant quand le conducteur ne veut pas conduire sur de longs tronçons ennuyants d’autoroute. Ce pilotage semi-autonome s’ajoute ainsi aux précédents systèmes de surveillance des angles morts et de sortie de voie, de régulateur de vitesse adaptatif modifiant la vitesse en fonction des autres véhicules et de freinage automatique d’urgence si un piéton ou un cycliste est détecté.

Pour la sécurité

Volvo est habituellement associé depuis les années 1950 au concept de sécurité automobile, soit depuis qu’il a offert à tous les constructeurs d’utiliser la ceinture de sécurité à trois points de fixation, et ce gratuitement. Le Pilot Assist ne déroge pas à la règle, puisqu’il fait partie de la quinzaine de caractéristiques de la S90 ayant pour but de diminuer les accidents. Tout cela s’inscrit dans le concept « Vision 2020 », selon lequel d’ici trois ans aucun occupant d’un nouveau Volvo ne sera tué ou gravement blessé lors d’un impact.

Mais laisser l’automobile se conduire d’elle-même pourrait favoriser la somnolence, pourrait-on penser. Volvo évite ce problème en exigeant du conducteur qu’il corrige fréquemment la trajectoire du véhicule; il s’en assure en ayant installé un capteur dans le volant. Après une douzaine de secondes, si on ne touche rien, un voyant avertit de reprendre le volant. Si on ne fait toujours rien après cinq autres secondes, un signal sonore se fait entendre et le voyant devient rouge. Et après quelques secondes de plus, le système se désactive de lui-même. Mais la solution à cela est simple : il suffit de bouger légèrement le volant de temps à autre et le Pilot Assist peut ainsi fonctionner durant des centaines de kilomètres de suite, comme j’ai pu le vérifier.

Sauf en zone de construction

Le Pilot Assist associé au régulateur de vitesse adaptatif fonctionne remarquablement bien. Et même sous une pluie souvent forte durant la nuit, de La Pocatière à Drummondville, il n’a jamais quitté la route des yeux et s’est adapté à la vitesse changeante du trafic, parfois jusqu’à l’arrêt complet. Par contre sur de petites routes de campagne où il n’y a pas de lignes de démarcation sur le bord de la chaussée, se système a un peu hésité. Et c’est seulement en zone de construction montréalaise, où il n’y a aucune ligne visible, que le système avertit qu’il ne peut tout simplement pas fonctionner. Cet essai a eu lieu durant l’automne, donc sans neige, et il reste à vérifier si le tout fonctionne aussi bien durant l’hiver. Par contre l’essentiel du système de détection se trouve en haut du pare-brise, une zone nettoyée par les essuie-glaces, ce qui laisse croire que ces Suédois, qui ont un hiver semblable au nôtre, ont bien testé le système par tous les temps.

Durant les dépassements le Pilot Assist oblige pratiquement à se servir des indicateurs de changement de voie, ce qui est franchement une bonne affaire! C’est que le volant, qui bouge selon les modifications de trajectoire, s’oppose au changement de direction si le clignotant n’est pas d’abord activé. Pour le reste, l’affaire est simple : si vous savez vous servir d’un régulateur de vitesse, vous parviendrez en quelques instants à utiliser le Pilot Assist. Il ne vous restera qu’à déterminer la distance idéale à conserver entre votre véhicule et le précédent.

Idéale pour les longs déplacements

Toute cette technologie de conduite semi-autonome ne doit pas faire oublier que la S90 est un véhicule remarquable pour quantité d’autres raisons. Soulignons d’abord que deux motorisations thermiques s’offrent en ce moment : la version T5 développant 250 chevaux et 258 livres-pieds de couple ou celle de notre véhicule d’essai : l’impressionnante T6 de 316 chevaux et 295 livres-pieds de couple, associés à une boîte automatique à huit vitesses et à une transmission à quatre roues motrices. Dans les deux cas – et contrairement à ce qu’on pourrait croire – il s’agit d’un petit 4-cylindres en ligne de 2,0 litres qui utilise un turbocompresseur et un compresseur volumétrique. Et comme si ce n’est pas assez, il existe la version hybride électrique Drive-E, fournissant l’équivalent de 400 chevaux. Le résultat est un véhicule franchement rapide qui offre une consommation de carburant raisonnable. Nous avons roulé avec le T6 sous la barre des huit litres aux 100 kilomètres, et ce malgré quatre pénibles chantiers de construction inoccupés.

Quel habitacle!

L’intérieur de la nouvelle S90 est fidèle à la tradition Volvo: raffiné.

Volvo nous a toujours habitué à des sièges confortables, et ceux de la S90 surpassent même la plupart de ses prédécesseurs. L’ajustement en profondeur de l’assise et celui de la largeur du dossier sont vraiment agréables, en plus de fournir le contrôle requis pour les courbes de la belle vallée de la Matapédia.

Par Frédéric Laporte

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