Nouveau pont Champlain – L’imperméabilisation du tablier force le report de son ouverture à la circulation

Avec l’arrivée imminente de l’hiver, des travaux de finition du nouveau pont Champlain, dont notamment l’imperméabilisation du tablier et le pavage de la structure, ont obligé le consortium privé Signature sur le Saint-Laurent de reporter son ouverture à la circulation d’au plus sept mois. Ces travaux ne débuteraient vraisemblablement pas avant le début du printemps prochain.

Selon Daniel Genest, le directeur de la coordination au consortium Signature sur le Saint-Laurent, des événements imprévus hors du contrôle du partenaire se sont produits depuis la dernière mise à jour d’avril 2018, dont les délais causés n’ont pas pu être récupérés. De ces événements, il a cité la foudre qui a durement frappé la grue de la tour d’hauban en juillet et la grève des grutiers, en mai et juin.

« L’ensemble des enjeux sont toujours au cœur de discussions avec l’entrepreneur privé et le gouvernement du Canada. Notre focus est de regarder en avant et d’ouvrir le pont le plus rapidement possible en 2019, et au plus tard à la fin de juin 2019 », a déclaré Daniel Genest.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a pour sa part rappelé que ce retard ne se fera pas sans conséquence pour le partenaire privé. « Ce qui devait être livré en vertu du règlement, était que le pont devait être ouvert de façon permanente à la circulation le 21 décembre 2018. Ainsi, en vertu des termes du contrat en vigueur, il y a certains délais que nous pourrions qualifier d’excusables et qui feront l’objet de discussions commerciales. Il y aura bien sûr de discussions, mais il y aura des conséquences », a avancé le ministre Champagne.

Le pont actuel sous haute surveillance

Malgré ce délai « imprévu », la société des Ponts Jacques-Cartier et Champlain (PJCCI) a confirmé que le pont actuel demeure sécuritaire malgré les signes évidents de fatigue de la structure. Sandra Martel, première dirigeante par intérim de la PJCCI, a soutenu qu’un programme « ambitieux » d’inspection et de monitoring déjà en place depuis 2014 permet de surveiller en temps réel l’état du pont afin d’en assurer le maintien sécuritaire.

De ces mesures notons la présence de plus de 335 capteurs à fibre optique sur la structure (une intelligence artificielle signale en temps réel tout comportement inhabituel du pont), l’installation d’un système de renfort prévu aux chevêtres et les travaux sous-marins aux semelles de fondation. De plus, près de 10 millions $ seront injectés en 2019 pour réaliser des travaux d’ajustement.

©Alexandre Lampron

« Suivant les différentes analyses en continu du comportement du pont et le rapport de la firme d’ingénierie COWI, nous mettons tout en œuvre afin que le pont demeure ouvert à la circulation jusqu’à l’ouverture de la nouvelle structure », a expliqué Mme Martel, lors de la mise à jour du 25 octobre dernier.

Rappelons qu’un an plus tôt, en octobre 2017, COWI avait émis des recommandations de travaux pour sécuriser la structure actuelle jusqu’en 2020, soutenant entre autres que « le niveau de détérioration n’a cessé d’augmenter, au point où l’actuel pont est considéré comme étant l’un des ponts d’importance les plus gravement détériorés au Canada ».

Les conclusions de la firme d’ingénierie visaient entre autres le renforcement de certaines poutres intérieures du pont actuel, des chevêtres qui soutiennent ces poutres, ainsi que des diaphragmes de béton, servant à répartir les charges de la circulation sur l’ensemble des poutres.

Par Alexandre Lampron

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