

La pression pour réduire les émissions dans le transport routier pousse de plus en plus de flottes dédiées à adopter le gaz naturel comme solution de motorisation. Ces flottes, qui opèrent sur des itinéraires fixes ou pour des missions précises, sont bien placées pour intégrer des technologies alternatives. Voici un tour d’horizon des facteurs qui expliquent ce choix, ses impacts sur le terrain et les perspectives pour le secteur.
Les flottes dédiées se caractérisent par des parcours réguliers pour un client ou une opération spécifique. Cette structure facilite l’intégration de véhicules au gaz naturel, comparativement aux flottes qui doivent composer avec des itinéraires plus variés.
Lors de l’ACT Expo, des experts ont souligné que la prévisibilité des trajets permet de mieux planifier le ravitaillement en gaz naturel et d’optimiser l’investissement dans les infrastructures. Les opérations intermodales, qui relient différents modes de transport, et le drayage, soit les déplacements de courte distance entre terminaux et entrepôts, sont particulièrement adaptées à cette motorisation en raison de la régularité des routes et des distances parcourues.
Dans le contexte des opérations de drayage et intermodales, où les allers-retours sont fréquents sur de courtes ou moyennes distances, le gaz naturel se distingue par plusieurs atouts :
La diminution des émissions polluantes est un enjeu central. Les moteurs au gaz naturel, surtout ceux alimentés au gaz naturel renouvelable (GNR), permettent de réduire sensiblement les émissions de CO2 et de particules fines. Plusieurs intervenants de l’ACT Expo ont noté que le recours au GNR pouvait même permettre d’atteindre des émissions nettes nulles, voire négatives, selon la source du gaz.
Cette évolution répond aux attentes des donneurs d’ordres en matière de responsabilité sociétale et aux normes de plus en plus strictes sur la qualité de l’air, notamment près des ports et en milieu urbain. En prime, le gaz naturel contribue à diminuer le bruit, un avantage dans les zones sensibles.
Bien que l’achat d’un véhicule à gaz naturel soit plus coûteux, la rentabilité s’appuie principalement sur deux éléments :
Des incitatifs fiscaux et des subventions sont aussi disponibles dans certaines régions pour soutenir l’achat de véhicules propres, ce qui allège le coût initial pour les transporteurs.
L’adoption généralisée du gaz naturel dans le transport routier fait toutefois face à quelques obstacles :
Les experts réunis à l’ACT Expo s’entendent pour dire que les flottes dédiées ouvrent la voie à l’adoption du gaz naturel, en prouvant sa viabilité sur le terrain. À mesure que le réseau de ravitaillement s’étend et que les motorisations évoluent, ce modèle pourrait inspirer une adoption plus large dans le transport commercial.
Par ailleurs, le développement du gaz naturel renouvelable, issu de matières organiques, laisse entrevoir la possibilité d’un transport routier neutre en carbone, ce qui accroît l’attrait de ce secteur auprès des entreprises soucieuses de leur impact environnemental.
L’engagement des flottes dédiées envers le gaz naturel s’impose comme une solution concrète aux défis environnementaux et économiques du transport. Si des défis demeurent, l’évolution rapide des technologies et la demande pour une logistique plus propre laissent présager un avenir prometteur pour cette filière, surtout dans les segments intermodaux et de courte distance.

