

Il y a une vingtaine d’années de cela, je décrivais le parc de camions de l’entreprise lavalloise Gaz Propane Monin dans le défunt magazine CamAuto Plus. À cette époque, cette compagnie située dans un des parcs industriels de Laval était dirigée par Daniel Coulombe qui, l’avait, plus tôt, rachetée d’un certain monsieur Monin. Un incendie de l’ancien édifice de l’entreprise a forcé l’ami Coulombe de déménager ses pénates dans le parc industriel. À cette époque, il a pu installer toutes ses opérations sur un terrain plus grand où il allait s’occuper lui-même de ses véhicules.
Avançons le temps à aujourd’hui. Daniel Coulombe est (presque) à la retraite. Toutefois, l’entreprise, elle, a profité et aujourd’hui, malgré qu’il aime venir aider aux opérations (tout comme sa femme, d’ailleurs…), ce sont ses fils qui mènent la barque dont Maxime qui s’occupe de l’administration de la compagnie alors que Jonathan, lui, en gère les opérations. Et cela veut dire s’occuper des véhicules qui, vous vous en doutez, ne sont plus les plus petits véhicules du passé (qui étaient alors surtout des Ford F et des International de poids moyen). En 2025, Gaz Propane Monin utilise six camions citernes Kenworth (le plus ancien qui accuse plus de 400 000 km est de 2018 et le plus récent date de 2023) et un imposant camion- grue aussi de marque Kenworth. Ajoutez à cela une plus « petite » citerne montée sur un châssis de Ford F-550 qui sert à livrer du gaz dans des endroits serrés comme dans les ruelles.
Toutefois, ces opérations nécessitent également de plus petits véhicules dont un F-150 qui sert d’atelier roulant tout comme un Ford F-250 et un Hino FB 175 de service. Ironiquement, à l’époque où j’écrivais le premier article sur Monin, la compagnie expérimentait avec un Freightliner de poids moyen, un camion- citerne mû par un V8 au…propane ! Le camion est toujours dans la cour de la compagnie mais il ne sert plus. Selon Jonathan, l’essai qui fut tenté à une époque où le gaz propane était à un prix nettement plus bas que celui du carburant diesel ou de l’essence fut plus ou moins concluant.
Ce n’était pas le choix du « carburant » qui était en cause mais plutôt les réglages du camion lui-même qui étaient moins performants et surtout moins fiables ! L’utilisation actuelle de moteurs Cummins au diesel est un choix plus logique.
D’autre part, comme nous le racontaient les frères Coulombe, la compagnie a connu une certaine concurrence qui voulait prouver que le propane était moins écologique (!?!) et qu’il fallait s’en débarrasser. Évidemment, tout cela était contraire à la logique (oui, le propane est « vert » !) et aujourd’hui, selon nos hôtes, il faut même passer au bio-propane qui peut se retrouver jusqu’à 20 % du propane lui-même. Cependant, pour la prolifération de ce gaz, les infrastructures débutent à peine au Québec selon nos experts.
Pour revenir aux véhicules, alors que Daniel Coulombe aimait bien procéder lui-même à l’entretien de son parc automobile (incluant les autres éléments mécaniques comme ceux des chargeurs et autres pièces de machinerie), ses fils préfèrent laisser un mécanicien expert couvrir cet aspect des opérations de la compagnie (surtout que les camions d’aujourd’hui sont plus spécialisés !). Par contre, comme le souligne Jonathan, chez Monin, on voit à un entretien très serré de tout le matériel roulant, surtout par mesures préventives vu les inspections sévères reliées à ce domaine spécifique. En passant, Jonathan tient à préciser qu’il n’utilise que des pneus Michelin (dont des XDS-2) sur ses camions.
En ce qui a trait au personnel de la compagnie, Gaz Propane Monin est constitué de 15 à 20 employés dont la plupart sont au service de l’entreprise depuis 12 à 16 ans. Un plus ancien employé a récemment pris sa retraite après 29 ans de service !
À noter que, comme pour bien des entreprises nécessitant des chauffeurs, Monin doit faire face à une certaine pénurie dont une partie est causée par les exigences spécifiques au métier. Certains candidats à l’embauche se présentent avec une maigre expérience au volant de petits véhicules alors que d’autres ne possèdent un permis que de Classe 3 ! Puis, il y a une formation obligatoire de 80 heures avant de prendre la route et d’autres exigences que certains candidats ont de la difficulté à respecter (croiriez-vous que dans certaines conditions, les clients exigent que les livreurs soient parfaitement rasés) ! Notons ici qu’en plus du service de livraison aux particuliers, Gaz Propane Monin s’occupe d’imposants chantiers de toutes sortes que ce soit autant pour la construction que pour les événements sportifs ou commerciaux.
L’autre nouvelle facette du domaine, c’est que tout y est maintenant fortement informatisé. Heureusement, Jonathan et Maxime sont fortement embarqués dans la technologie et surtout la sécurité. Enfin, mentionnons que Gaz Propane Monin a aussi pignon sur rue avec un magasin de pièces de poêles au gaz et une salle d’exposition impressionnante. Ah oui! Et l’on y vend également du gaz propane aux particuliers !







